LE %0I CH^'X.TE
o u x comme une caresse ou graves comme un blâme, Vos regards font en moi des enfants ou des deux, Et je pense selon vos yeux capricieux : Mon âme est la chanson de vos yeux, de vos yeux, Mon âme.
« Vous qui n'avez pour moi d'amitié ni de haine, Vous passez, et vos doigts avivés de carmins Me repoussent du geste au bord de vos chemins, Et ma peine est le vœu de vos mains, de vos mains, Ma peine.
« Mais votre souvenir coule comme une sève En ma pensée, et vos roseurs et vos pâleurs M'emplissent de parfums qui ressemblent aux leurs, Et mon rêve est la fleur de vos fleurs, de vos fleurs,
Mon rêve... »
256 l'espoir du monde
LE T^LIIFUM
Jvelte et souple, frisé, fleurant comme un jardin, Vêtu d'acier, de soie et d'or, ganté de daim, Le beau roi Jacques marche en mâchant une rose. Il est heureux. Il vit dans une apothéose. On l'adore. Il est cher aux dames. Tout lui plaît. Son bonheur, incomplet jusqu'alors, est complet, Car n'ayant jamais fait la guerre, il va se battre ! Pour réjouir deux yeux qu'il aime, Jacques Quatre A convoqué ses lords d'Ecosse, et le danger. On mourra fort! Et c'est chose exquise à songer Que si le peuple est mal content, elle est contente, Elle, la Dame aux lys, qui fait languir d'attente Et qui ne peut avoir qu'un héros pour amant... Elle a donné sa bague au Roi, si galamment Qu'il faut payer la bague avec une victoire : Payons ! Les Rois qui font l'amour font de l'histoire, Et Jacques sourit d'aise en espoir des retours...
Il évoque sa mie en somptueux atours,
Des pavois, des tournois, des fleurs, des mandolines,
Le Louvre en fête, et des dames aux voix câlines,
Le roi Jacques vainqueur en pourpoint cramoisi :
Car il se voit déjà le vainqueur, ou quasi,
Et très impatient d'en finir, mord sa rose.
ï Holà! Crawford, Bothwell, Lennox, holà! Montrose,
sommes-nous prêts? Allons taillader ces marauds! »
El lisse ses cheveux, et pour voir un héros
s'admire en un coquet miroir orné de perles.
[ls s'en vont. Leur passage épouvante les merles