PERSO RE
impressions arrêtées dans leurs voies d'identification et désormais faussées ; le champ intellectuel sera rétréci d'autant; pas un des réseaux corrélatifs de perceptions n'aura conservé son intégrité, tous auront subi un déficit considérable ; en un mot l'expérience antérieure, en quelque sorte en grande partie anéantie, ne pourra plus transformer les impressions en activité mentale normale et si les impressions faussées ne viennent pas exciter et transformer en hallucinations quelques souvenirs encore subsistants, le malade présentera l’état mental d’un enfant nouveau-né, compliqué de l’absence totale de toute volition décrite par Wernicke. L'action la plus haute qu’on vit faire un jour à un malade de Heilbronner (n° 20) fut de déposer un objet sur une table. Le second malade de Müller (n° 54), à la fin desa vie, oubliait même d’avaler ce qu’il avait dans la bouche. Un malade de Stenger était réduit à l’état de simple machine réflexe.
Ces cas très graves ne sont pourtant pas très communs; après les premiers jours qui suivent la lésion de déficit, l'attaque, le malade recommence à esquisser quelques actes ; il commence ordinairement à pouvoir se nourrir : cet acte primordial est toujours le mieux conservé; un des gestes les plus fréquents chez ces malades, même moins atteints, est de porter à la bouche tout ce qu’on leur tend : Pick, Rabus, Stenger (n° 63) l’ont noté ; Heilbronner l’explique en partie par l'importance de cet acte physique, qui, pour cette raison, est un de ceux dont la possibilité d'exécution doit être le mieux assurée, et en partie par le phénomène de l’Haftenbleiben des Allemands le phénomène de l’intoxication. Ces malades, comme toute activité, ne font que manger et c’est ce seul terri-