V. Noper
français et aussi le latin et le grec classique. Jusqu’au début de l'affection qui l’a amené aupres de M. le professeur Charcot, il lisait à livre ouvert les œuvres d’Homère. Il savait le premier livre de l’Zliade, à ne pas hésiter pour continuer un passage dont le premier vers aurait été dit devant lui... Il jouissait d’une mémoire remarquable, mais c'était surtout une mémoire visuelle.
Sa vision mentale lui donnait au premier appel la représentation des traits des personnes, la forme et la couleur des choses avec autant de netteté, assure-t-il, et d'intensité que la réalité même... Il ne pouvait se rappeler un passage d’une pièce de théâtre qu’il avait vu jouer sans qu’il n'évoquât les détails de la mise en scène, le jeu des acteurs, le spectacle dé la salle elle-même.
Un jour, à la suite d’ennuis d’affaires il fut frappé brusquement de constater en lui un changement profond. Ce fut d'abord un complet désarroi, il se crut un moment menacé d’aliénation mentale, tant les choses lui semblaient nouvelles el étranges autour de lui; il était devenu nerveux et irritable. En tout cas, la mémoire visuelle des formes et des couleurs avait complètement disparu, ainsi qu'il ne tarda pas à s'en apercevoir, et cette constatation eut pour effet de le rassurer sur son état mental. Il reconnut d’ailleurs peu à peu qu'il pouvait par d’autres moyens, en invoquant d’autres formes de la mémoire, continuer à diriger convenablement ses affaires commerciales.
Chaque fois qu'il retourne à A..., il lui semble entrer dans une ville inconnue, le souvenir pourtant lui revient peu à peu, et dans le dédale des rues, il finit par retrouver assez facilement sa route... Prié de dessiner un minaret, il réfléchit et apres avoir dit qu'il savait que c'était une tour carrée et haute, il trace sur le papier quatre lignes, deux verticales plus longues et égales et deux horizontales ; la supérieure unit l'extrémité supérieure des deux verticales, et l’inférieure se prolonge de chaque côté inégalement pour représenter le sol. C’est un dessin tout rudimentaire, « Vous voulez une arcade, je parviendrai à
la tracer, car je me souviens qu’un plein cintre est une demicirconférence; qu’une ogive est formée par deux arcs, se rencontrant à angle aigu ; mais je ne vois pas du tout ce que sont ces choses en réalité. » Le souvenir visuel de sa femme, de ses enfants est impossible, il ne les reconnaît pas d’abord... Il se plaint de la perte visuelle des couleurs. « Ma femme a les cheveux noirs ; j'en ai la plus parfaite certitude. Il y a pour moi impossibilité complète de retrouver cettecouleur en ma mémoire, aussi complete que de m’imaginer sa personne et ses traits. » Aujourd’hui M. X... énonce à mi-voix les chiffres qu’il additionne et ne procède plus que par petits calculs partiels. Quand il évoque une conversation, quand il veut rappeler un propos tenu devant lui, il sent bien que c’est la mémoire auditive qu'il lui faut maintenant consulter non sans efforts ; les mots, les paroles retrouvées lui semblent résonner à son oreille, sensaion toute nouvelle pour lui. Il lui est devenu nécessaire d’avoir recours à la parole intérieure et aux mouvements d’articulation de la langue et des lèvres pour comprendre ce qu’il lit. Lorsqu'il veut apprendre quelque chose par cœur, il doit lire à haute voix plusieurs fois ses phrases. Dans ses rêves il n’a plus la représentation visuelle des choses, mais seulement la représentation des paroles en langue espagnole... « Une conséquence remarquable, disait-il de la perte de cette faculté mentale est, comme je lai déjà dit, le changement de mon caractère et de mes impressions. Je suis beaucoup moins accessible à un chagrin où à une douleur morale. Je vous citerai qu'ayant perdu dernierement un de mes parents, auquel m’attachait une amitié sincère, j'ai éprouvé une douleur bien moins grande que si j'avais eu encore le pouvoir de me représenter par la vision intérieure la physionomie de ce parent, les phases de la maladie qu'il a traversée et surtout si je pouvais voir intérieurement l'effet antérieur produit par cette mort prématurée sur les membres de ma famille. Comme conclusion, je vous ferai remarquer que je suis obligé aujourd’hui de me dire les choses que je veux retenir dans ma mémoire, pendant que j'avais seulement auparavant à les photographier par la vue. »
A. CHaurFrarD (Note sur un cas de cécité et de surdité cérébrales (cécité et surdité psychiques), avec blépharoptose droite: incomplète par lésion du lobule pariétal gauche inférieur et du pli courbe; (in Revue de médecine, 1881, p. 940) (résumée).
Asymbolie, Lésion profonde du pli courbe gauche. Athérome aortique. Hypertrophie et dilatation du cœur; ramollissement rouge, probablement embolique, du lobule du pli courbe et du pli courbe, sur l'hémisphère gauche.
Antoine C..…., garçon de café, quarante-cinq ans. Étant à l'hôpital pour un état d’asystolie légère, un jour le malade, dans la soirée, sans prodrome, sans perte de connaissance, perd tout d'un coup la parole et l'usage de ses facultés intellectuelles, et le lendemain matin nous le trouvons dans un état cérébral des plus bizarres. Antoine C... est assis sur son lit, dans la posture qui lui est habituelle, et la seule que lui permette son ascite qui est considérable. Appuyé les deux coudes sur le traversin, il reste immobile, l’œil fixe, perdu dans le vague et semblant méditer profondément. On a beau lui parler, le secouer par l’épaule, porter vivement la main devant ses veux, il ne voit rien, n'entend rien, ne semble avoir nulle conscience de ce qui l’entoure. Si on lui parle fortement et en insistant, 1l tourne cependant la tète du côté d’où lui vient le son, mais sans que rien permette de croire qu’il a compris ce qu'on lui disait, que la perception auditive qu’il a vaguement ressentie à éveillé en lui une idée où un souvenir. De même pour la vision; les pupilles sont moyennement dilatées et immobiles ; l’œil vague ne fixe pas, ne suit.pas les objets qui passent dans le champ visuel, et cependant le malade n’est pas, à proprement parler, amaurotique, puisqu'il prend tres bien sur sa table de nuit, ou à la tête de son lit, ies objets qui lui sont nécessaires, verre, crachoir.. De même il voit et saisit
sans hésitation le bâtonnet de la corde qui lui sert à se redresser sur son lit, mais ne reconnaît nullement ceux qui l'entourent. Notons que l'œil droit semble moins largement ouvert que celui du côté opposé et cligne à demi, comme si la paupière supérieure était légèrement abaïissée. Cette asymétrie des deux yeux achève de donner à l’ensemble de sa physionomie un caractère étrange et indéfinissable.
A côté de ces troubles si curieux, le malade à pleinement conservé l'usage de ses facultés motrices ; il se tourne seul dans son lit, ramène ses couvertures, tâte et palpe son ventre par un geste qui lui était familier, quand il voulait se rendre compte du volume de son ascite. Si l’on explore la sensibilité cutanée, si l'on pique la peau avec une épingle, il retire lentement la partie atteinte, sans exprimer du reste aucune douleur, sans paraître extérioriser, pour ainsi dire, cette sensation.
Le lendemain et le surlendemain, même état d’inconscience cérébrale absolue, le malade semble toujours aussi étranger à tout ce qui l’entoure, aussi inaccessible aux diverses incitations extérieures. Il reste silencieux, marmotte à demi-voix des mots inintelligibles et incohérents, où répète dix fois par heure, machinalement, avec la mème intonation monotone: «Ca va mieux. » Rien à l’examen ophtalmoscopique.
Trois jours après la première attaque, coma et mort après deux ou trois petites attaques convulsives.
Autopsie. — Pas de lésions du mésocéphale ni de l'hémisphère droit. Intégrité des méninges.
Sur l'hémisphère gauche, une seule lésion, mais considérable, visible à première vue et parfaitement isolée. IL s’agit d’un foyer de ramollissement rouge dont la forme générale est circulaire, bien que les bords en soient un peu sinueux. Comme dimensions, ce fover est à peu près grand comme une pièce de cinq francs ; comme siège, il est en plein lobe pariétal et occupe le lobule du pli courbe et le pli courbe; en haut il s’avance jusqu'à la scissure interpariétale, sans la dépasser, en bas il est à cheval sur l’extrémité supérieure de la scissure parallèle
et des deux circonvolutions qui la limitent, premiere et deuxième temporales. Le foyer que nous venons de décrire occupe toute l'épaisseur de la substance grise des circonvolutions, empiète même très légèrement sur les fibres blanches sous-jacentes ; à son niveau, la substance corticale est friable, ramollie et d’une coloration jaune foncé. L’embolie, si elle existe, n’a pu être démontrée.
K. Cramer (Zur Lehre von der Aphasie; in Archiv für Psychiatrie, t. XXII, p. 141) (très résumée).
Aphasie sensorielle (surdité verbale avec paraphasie). Légère cécité psychique, le malade ne reconnaît pas les photographies, ni les pièces de monnaie, puis plus tard certains objets usuels ; un peu d'aphasie optique. Par d’hémianopsie, vision des couleurs normale. Inorientation.
Autopsie. — Lésion de la première circonvolution temporale jusqu’au lobule angulaire et jusqu'au gyrus longus de l'insula ; lésion de la substance blanche de la circonvolution pariétale inférieure jusqu’à l’épendyme de la corne postérieure.
G. CrouIGneAu (Æ'tude expérimentale et clinique sur la vision mentale, thèse de Paris, 1884, n° 96) (résumée.)
Paralysie générale. C'écité psychique
A... quarante et un ans; caractère irritable, fantasque depuis quelques années ; un vertige en novembre 41882: ictus apoplectique le 6 avril 1883 avec hémiplégie et anesthésie transitoires,
Le 24 juillet 1883, on constate un tremblement des lèvres et de la langue avec un état mental assez bon, bizarre, sans idée vraie de grandeur. Le 25 juillet, ietus avec mouvements épileptiformes ; à la suite hémiplégie et hémianesthésie incomplètes à gauche sans participation de la face.
Cécité psychique grave, la malade suit les objets du regard dès qu’ils entrent dans le champ visuel qui ne semble pas rétréei et bredouille des mots incompréhensibles, quand on lui demande ce que c’est, sauf pour une montre qu’elle à reconnue, On lui demande de la prendre, elle allonge la main en tâtonnant et passe plusieurs fois à côté et au delà de Pobjet avant de pouvoir le saisir.
Ouïe, goût, odorat intacts, parole tres difficile.
Le 28 juillet on constate une amélioration très rapide des troubles visuels, quoique la cécité psychique soit toujours nette; une montre, pour elle, est un morceau d’étoffe; un crayon est une pipe. Le 29 l'amélioration fut presque totale, la malade ne tâtonne plus, reconnaît les objets.
Pas d’autopsie. L'examen ophtalmoscopique pratiqué un mois après fut négatif.
Forrsrer (Ueber Rindenblindheit, in Archiv für Ophtalmologie, t. XXXVI, 1890, p. 94) et H. Sacus (das Gehirn des Færster, schen Rindenblinden ; (in Arbeiten aus der psy. Klinik in Breslau, Heft. Il, p.53, Leipzig, 1895) (très résumée).
Hémianopsie droite complète avec achromatopsie, puis hémianopsie gauche avec conservation de la vision centrale. Cécité psychique légère avec inorientation.
Aulopsie. — Destruction complète des deux territoires visuels occipitaux sauf un îlot minuscule du calcar avis droit. Dégénération des faisceaux optiques (autopsie très détaillée avec nombreuses planches).
C.-S. FreuxD (Ueber optische Aphasie und Seelenblindheit) (in Archiv für Psychiatrie, t. XX, obs. n° 4, p. 277; très résumée).
C'écité psychique progressive. Asymbolie progressive.
Carl S.…, ouvrier, cinquante-sept ans. Cécité psychique légère qui alla en progressant. Aphasie optique au début. Inorientation de plus en plus accusée : le malade ne retrouvait plus son lit, ne savait comment se coucher. Asymbolie finale. Hémianopsie droite avec rétrécissement du champ à gauche.
Autopsie. — À droite, sarcome des circonvolutions pariétales supérieures et inférieures, de la circonvolution du corps calleux ; dégénérescence dans le lobe occipital et dansle splenium du corps calleux. A gauche, ramollissement étendu de la substance blanche des circonvolutions temporales et occipitales ; point cartilagineux au côté inférieur du précunéus. Corps calleux atteint. |
C.-S. FreunD (id. Arch. f. Psy., t. XX, obs. n° 2, p. 370) (tres résumée).
Cécité psychique. Asymbolie
Constantin F.., gardien, quarante-sept ans. Aphasie optique, cécité psychique; asymbolie : le malade portait tout à sa bouche, même une bougie allumée ; il reconnaissait encore les lettres mais ne pouvait lire les mots; peut-être surdité psychique (le tic-tac d’une montre, des clefs entrechoquées ne lui donnaient aucune notion); le malade se plaignait de sa mauvaise Nue; confusion mentale à la fin.
te —
Autopsie. — A droite: foyer de ramollissement dans le lobe temporal; à gauche : grand ramollissement dans le lobe temporal.
C.-S. FreunD (id. Arch. f. Psy., t. XX, obs. n° 3, p. 382) (très résumée).
Cécilé psychique. À symbolie
Carl H.., armurier, soixante-huit ans. Aphasie optique; légère cécité psychique (il reconnaissait certains objets, en portait d'autres à la bouche) ; inorientation; on ne put examiner son champ visuel. Plus tard asymbolie dans le sens de Wernicke c’est-à-dire absence de toute volition. Démence sénile.
Autopsie. — À droite : ramollissement superficiel de 4 à 2 centimètres, au milieu de la deuxième frontale; à gauche : écorces occipitale et temporale très atrophiées et très netement amincies.
OBSERVATION 16 GooL (Beitrag zur Lehre der Aphasie. Diss. Breslau, 1873) (in Müller).
Ébauche de cécité psychique avec aphasie et achromatopsie.
Autopsie. — À droite : ramollissement de la partie extérieure de la pointe du lobe occipital; à gauche : ramollissement en arrière de la scissure de Sylvius et des trois circonvolutions frontales.
OBSERVATION 17 Groënouw (Archiv für Psychiatrie, t. XXIIE, p. 344). Légère cécité psychique avec hémianopsie totale gauche et rétrécissement considérable à droite sans achromatopsie. Inorien-
tation expliquée par l’auteur par la perte des souvenirs-images. Pas d’autopsie,
K. HeiuBronner (Ueber Asymbolie. Breslau, 1897.; in Psychiatrische Abhandlungen, (obs. n° 4, p. 3) (résumée).
Cécité psychique. Asymbolie. Pas de surdité psychique ni verbale.
Hermann H.., lrente-huit ans, journalier, observé en janvier 1894. Alcoolique. Depuis six ans quelques troubles cérébraux. Apres cinq jours de prodromes, perte de connaissance avec contracture généralisée qui dura six jours. A cette époque, obnubilation, quelques manifestations délirantes, et à part une ancienne paralysie oculaire, léger ptosis double et parésie faciale droite. Le malade pouvait se tenir debout et marcher, pas d’hémiplégie vraie, un peu de faiblesse peut-être à droite. Le malade réagissait moins devant les impressions venant de droite, mais on ne put jamais savoir s’il y avait hémianopsie vraie, l’auteur ne le croit pas. Rien au fond d'œil. L’acuité visuelle semble assez bonne, de même que l’acuité auditive.
Le malade était dans l’incapacité absolue de se nourrir seul, il ne pouvait qu’avaler les liquides qu’on lui donnait à la cuillère. Les organes de la déglutition, l’état de la motricité étaient normaux. La préhension des aliments fut le premier acte complexe que le malade exécuta; plus tard, voyant un malade s’essuyer avec une serviette, il put limiter.
Plus tard le malade put exécuter certains ordres faits à haute voix, sans geste. Il s'asseyait, tirait la langue, etc. Fréquemment le malade semblait exécuter un mouvement commandé, puis brusquement il terminait par un autre mouvement sans rapport psychique avec le premier.
Le malade peut reconnaître les objets usuels tels qu’objets de table ou de literie, chaise de nuit. il s’en sert correctement mais seulement dans la manière habituelle et au milieu des autres objets usuels; il ne peut pas les employer à un usage qui
ne serait pas ordinaire; par exemple, à l'heure des repas, le malade mange comme ses camarades; il se sert de cuillère, de verre, qu'il prend autour de lui; mais en dehors, à un examen, ilne reconnaît plus ces objets et ne peut s’en servir (par exemple il prend une cuillère pour écrire.….). Les objets non usuels lui sont ordinairement étrangers; on n’a jamais pu lui faire exécuter une manœuvre un peu complexe; il sait mettre une chemise, des chaussettes, mais il n’a jamais pu de luimême mettre ses vêtements dans l’ordre voulu. Si on lui tend un couteau, un cigare et une allumette, il sait tailler le bout de son cigare, l’allumer et fumer; la multiplicité des objets le jette toujours dans une grande ‘confusion et après des peines inutiles, il rend le tout en disant : « Je ne le puis pas. » D'ailleurs il ne s’agite ni ne se met en colère et semble toujours prêt à recommencer le même examen.
Assez fréquemment, surtout au début, le malade pouvait nommer certains objets et décrire, quoique maladroitement, leur usage exact et malgré cela, il ne pouvait pas s’en servir ; par exemple il nommait un cigare, un couteau, une allumette, en indiquait l’usage et ne pouvait pas l’exécuter (il le put plus tard). Quelquefois il exécutait avec un objet tout différent une action qu’il venait de faire ; par exemple: on lui donne une boîte d’allumettes, il l’ouvre, prend une allumette, la frotte du mauvais côté sans maladresse, voit qu’elle ne s'allume pas et la dépose de côté; il en fait de même d'une seconde, d’une troisième, etc. On lui tourne une allumette du bon côté, il Pallume, l'approche de son cigare ; on la lui souffle, il ne s’en aperçoit pas, il essaie à nouveau de frotter l’allumette à son pantalon. 11 prend une allumette, la met à sa bouche et fait le geste de frotter avec son cigare ; il se laisse mettre sous le nez sans rien dire une allumette enflammée ; il ne reconnaît pas un paquet de tabac qu’on lui fait sentir pourtant, puis quelques minutes après il l'ouvre, prend une prise entre le pouce et l'index, fait mine de la frotter à son pantalon et la dépose sur le tas d’allumettes qu’il a soigneusement réunies sur la table. On lui donne un morceau de pain, il le casse, le mange, en
fait de même de son cigare sans rien dire, On le lui enlève et il crache ce qu’il avait dans la bouche. Une allumette encore enflammée tombe sur le sol, il met vivement le pied dessus. Il ne peut pas commencer à s'habiller, mais dès qu’on l’a mis en train il achève tout seul. Tous ces mouvements déterminent une grimace extraordinaire ; les muscles de la face, des veux, de la langue, prennent part au mouvement,
Lorsque les ordres sont donnés posément avec un intervalle suffisant ils’ sont ordinairement, s'ils sont simples, compris et exécutés ; si on va plus vite, le malade se trompe : il étend le bras pour la jambe, la jambe droite pour la jambe gauche ; ou bien il répète le mouvement précédent dont il est en quelque sorte intoxiqué (ha/tenbleiben). « Tirez la langue. » I le fait. — « Fermez les yeux.» Il le fait. — « Ouvrez les veux. » Il ouvre la bouche. — « Fermez la bouche. » Il tire la langue. — « Fermez les yeux. » Il tire la langue. — « Tirez la langue. » Il ferme les yeux, etc. Il présente certains symptômes encore plus analogues à ceux qu’on observe dans les psychoses de la mobilité de Wernicke, c’est une sorte de flexibilitas cerea : lorsqu'on avait levé le bras du malade, il le maintenait en l’air sans qu’on le lui dise; mais il pouvait le laisser retomber et exécuter tel autre mouvement dès qu'on le lui disait ; quelquefois le malade donnait tout à fait l'impression d’une figure de cire ; mais d’autres fois, souvent très rapidement, quand on demandait un nouveau mouvement le malade était aussitôt prêt à continuer le mouvement commencé ce qui pour Ziehen (Psychiatrie p. 151) est la caractéristique de la pseudoflexibilité. Il arrivait quelquefois brusquement au malade de rester immobile bras et jambes levés dans une position très incommode ; un simple ordre suffisait pour lui faire prendre une autre position. On pouvait donner au malade artificiellement certaines positions anormales qu'il conservait, comme dans la catatonie; mais on pouvait sur un ordre simple lui faire reprendre ces positions.
L'examen de la sensibilité révéla des symptômes assez analogues : pas de trouble grave de la sensibilité au contact ; la sen-
bilité à la douleur était tres vive, le malade réagissait fortement. Quelquefois pendant un certain espace de temps les piqüres ne semblaient pas être perçues sur tout le corps, il paraissait complètement anesthésique, puis on lui demandait : « Cela vous fait-il mal? » Il réagissait fortement, exactement, comme il avait l’habitude de le faire (sauf l'abolition des réflexes, il n’y à jamais eu un seul symptôme d’ataxie).
Au début le malade pouvait à peine bredouiller quelques mots et bien des questions simples lui échappaient ; plus tard il se produisit une amélioration réelle dans les troubles aphasiques et surtout dans la compréhension du langage. Les: questions courtes et suffisamment espacées, faites sans gestes naturellement, étaient sûrement comprises. Les questions nombreuses et rapides l’embrouillaient, et l’on ne pouvait discerner ce qui avait été compris.
Le malade fit de grands progrès dans l'acquisition de termes concrets, tels que les substantifs, alors qu’au début il n’employait presque que des explétifs ; au départ du malade son vocabulaire était suffisant pour lui permettre de raconter les événements importants de sa vie antérieure, de parler de son travail, de sa famille, de différentes punitions qu’il a eues.
Le langage du malade est très confus, pour deux raisons : d’abord il présente le défaut de ne pouvoir se dégager des mots qu'il vient d'employer, mots qui lui reviennent souvent tres modifiés dans les réponses ultérieures; et de plus il a un trouble d’articulation spécial difficile à définir; ce trouble ressemble à celui.que présentent certains paralytiques, chez lesquels certaines syllabes sont bredouillées et les autres répétées ; le défaut est encore plus grossier chez le malade et contrairement à ce qui se passe, il est indépendant de la difficulté à prononcer les mots. 11 n’est pas rare de lui voir prononcer correctement une ou plusieurs phrases et de le voir broncher aussitôt après. Alors, après des efforts impuissants pour retrouver le mot cherché, lorsque ce mot ne vient pas, il prononce une suite de syllabes, qui d’abord ressemblent un peu à ce qu'il cherchait, puis qui en différent totalement ; il est
alors difficile de savoir s’il faut rattacher ce trouble à un défaut d’articulation ou à de la paraphasie vraie.
Le malade parle d’une voie élevée, sans inflexions ; le ton est généralement faux et les phrases mal scandées ; par contre il est curieux de constater qu’il peut chanter des airs connus avec une voix bien timbrée, en suivant exactement le texte et la mélodie. Cette dernière remarque montre bien l’analogie que ces troubles présentent avec le bégaiement. Le malade ne peut pas correctement répéter une phrase, il devient paraphasique ; sauf pour certains mots qu’il ramasse en quelque sorte dans la conversation qu'on tient autour de lui et qu’il répète correctement en y fixant son attention.
Le malade qui présentait au début de lalexie complète n’a pas rappris à lire ; il lui arrive de saisir quelques mots dont il paraît comprendre le sens ; il est particulièrement à remarquer, comme l’a fait aussi Wernicke (Ges. Abhandl., p. #7), qu’il lit mieux les mots que les lettres et relativement mieux les mots un peu longs que les mots courts.
Le malade ne peut pas écrire ; il se met MR n devant un morceau de papier, une plume à la main ; il murmure le mot à écrire ou bien il en épelle les lettres, tout de travers d’ailleurs, mais avec la plume il ne griffonne que quelques crochets ou quelques tres petites lettres sans suite quelconque ; il ne peut pas mieux copier un mot, il lui est simplement arrivé parfois de copier quelques lettres; on ne sait s’il les comprenait,
Comme on l’a vu, le malade est loin de comprendre exactement les mots qu’on prononce devant lui; il ne se rend pas compte non plus des sons : deux pièces d'argent qui choquent n’attirent pas son attention.
Nous avons vu qu'il mangeait un cigare sans y prendre garde, il en faisait de même d’un savon, d'un morceau de pain saupoudré de quinine ; il ne s'apercevait pas quand on mettait du poivre en poudre à la place de son tabac à priser.
Son état psychique déjà décrit ne se modifia pas; l’auteur conelut que même si l'anamnese ne le faisait savoir, on aurait pu
conclure que le malade avait déja avant sa maladie le cerveau alteint, parce que lorsqu'un malade est frappé en pleine santé dans un territoire utile à la vie mentale de relations, il paraît inquiet, il se plaint, il essaie de remplacer la fonction absente, comme par exemple les aphasiques sensoriels.
Au début pourtant le malade semblait avoir une certaine conscience et s'excuser de la pauvreté de ses moyens; plus lard, au contraire, son euphorie était parfaite. Son état mental baisse de plus en plus: il ne prend plus aucun intérêt à rien.
Enfin il reste à signaler pendant plusieurs semaines un état d'excitation psychique presque délirant, que l’auteur attribue au délire alcoolique; c’est le seul trouble mental au sens restreint du mot qu’on constala.
Le malade quitta l'établissement.
K. HEILBRONNER (idern, obs. n° 2) (résumée).
Cécité et surdité psychiques. Asymnbolie grave. Doubles lésions occipitales et pariétales.
J. R.., soixante-cinq ans, aubergiste : depuis quelque temps parésie des membres inférieurs mais pas de troubles psychiques; le 8 mars 1888, on le trouva étendu près de sa chaise percée, ayant complètement perdu la raison; il criait à tort et à travers, disait des paroles incompréhensibles, refusait la nourriture, etc. ; il entra à la clinique dix jours après ; à ce moment il était abattu, couché sur le côté, les yeux fermés; il ne se laissait examiner qu'en manifestant un grand désagrément. Son visage est anxieux, ses yeux cherchent du secours aupres des personnes présentes auxquelles il s'adresse en disant : « Messieurs, ah! laissez-moi done, etc... » Quelquefois ses paroles n’avaient pas de rapport avec ce qu'il semblait vouloir dire; on ne pouvait se rendre compte s’il avait conscience de sa détresse.
Il ne paraît pas avoir de paralysie, ses gestes sont vifs et caractéristiques ; il a bon appétit, quand on lui met quelque chose à manger dans la bouche, son expression devient heureuse et tranquille. Si on approche la main de sa bouche, il l'ouvre et essaye de mordre, quelquefois pourtant plus tard il essaya de la lécher. On lui donne une clef, il la porte à sa bouche, ainsi qu’un chapeau, un porte-plume qu’il met ensuite de côté en criant: « Merci, merci bien! » On lui donne du lait: « Ah! c'est un grog! c’est bon. » II mord un cigare qu’on lui donne : « Cela n’est rien », il le jette avec colère; on lui donne un cigare à la main gauche, il le retourne et il le rend en parlant de fumer. Il porte tous les objets qu’on lui tend à la bouche, il se fàche, puis il les rend sans rien dire ou en disant quelques mots, Une fois au lieu de rendre une clef dans la main il la pose sur l'avant-bras. Le malade cherchait souvent à échapper à l'examen en se détournant.
Le malade se sert également des deux mains, mais il est très maladroit dans les mouvements les plus simples, pourtant il peut tenir dans ses doigts des objets tres fins et les manier. Le malade regarde et voit les objets qui sont autour de lui, mais il ne bouge pas et ne réagit qu’en ouvrant et en fermant la bouche; son regard est ordinairement fixe, mais il n'y a pas de parésie oculaire.
Il est très peu sensible aux impressions auditives, pourtant :l se tourne quand on siffle très fort auprès de lui, il ne comprend absolument pas ce qu’on lui dit.
La parole spontanée est tres troublée, il lui manque presque tous les substantifs et une grande partie des verbes. Paraphasie assez fréquente. Si on essaie d’enlever le malade de son lit il résiste très fort et se laisse aller à terre. Ses jambes sont très alaxiques. Tous ses efforts, toutes ses paroles tendent à le faire remettre dans son lit et rien ne peut le détourner de cette idée; remis au lit il remercie et se couche la tête aux pieds. 1] ne sait pas se couvrir, il ne sait pas passer sa chemise.
Pas de troubles de parésie ou d’anesthésie : les piqûres lui font pousser des hurlements. Les réflexes sont un peu forts. Le
champ visuel semble rétréci surtout à droite, il est impossible de savoir s’il y a hémiopie. Il ne reconnaît pas les objets, en particulier la flamme ; mais on ne peut pas faire le départ des impressions tactiles et des impressions visuelles, car le malade ne se laisse pas mettre un bandeau.
Son parler devint plus clair ; quelques mots concrets apparurent, quelques phrases correctes ; il ne reconnaissait toujours rien; pourtant devant un chapeau il dit : « Ce n’est pas à moi », et il se mit à parler de son bonnet de laine ; il caresse et embrasse les objets qu’on lui tend, quelquefois il les lèche, quelquefois il les mord.
Il reconnaît qu'il y a des personnes autour de lui, mais quelquefois il s'adresse à quelqu'un quand il n'y a personne.
Une fois une femme âgée était auprès de son lit, il lui cria : « Venez ici, jeune femme ! » Il embrasse son fils comme les autres personnes mais ne le reconnaît pas. Il ne bouge pas quand on le menace avec un bâton et ne reconnaît rien. Lorsqu'on lui tend un objet: 1° ou bien il le tourne et le retourne, ne sait qu’en faire et veut le rendre, il le pose à côté de lui ou bien il cherche visiblement les poches de son pantalon ou de sa veste dans ses vêtements ; 2° ou bien il cherche à le mordre et s’il ne peut le manger il agit comme précédemment; 3° ou bien il prend l’objet avec tendresse, il l’embrasse, lui parle avec douceur, etc.
I ne sait pas se servir des objets d'un couvert. Il boit à une bouteille bouchée, se sert dans une tasse avec la bouteille et boit sans voir qu'il n’y avait rien dedans ; enfin après avoir encore regardé la bouteille il enleve le bouchon et boit. Il met un cigare de travers dans sa bouche et cherche à fumer; on lui met une allumette enflammée à l'extrémité et il tire, très maladroitement d’ailleurs ; on apporte une bougie, il la voit, la prend dans la main et allume son cigare et dès son cigare allumé il agit comme un vieux fumeur ; le cigare commence à rougir, il l’enlève de sa bouche pour voir s'il brûle bien, ïl l’allume encore une fois et fume avec plaisir, retirant par instant son cigare correctement entre les deuxième et troisième
V, Noper. 10
doigts de la main droite ou, si elle est occupée, de la main gauche, une seule fois il remit son cigare à l’envers; la main droite est plus maladroite, il la porte au front et au nez pour prendre ou pour remettre son cigare ; on lui enleve son cigare et on lui donne un crayon, il le prend et cherche à fumer. Il en est de même avec une bougie. Une autre fois on lui donne un cigare et une bougie; il met la bougie à la bouche et essaie d'allumer avec le cigare. Il lui survint un phlegmon du bras droit, on incisa et on le suspendit avec une écharpe làche. Tous les efforts du malade tendirent à se dégager et il n’y put parvenir quoique ce fût tres facile.
Plus tard, apres avoir manipulé et mordu un chapeau, il le mit sur sa tête, il parut essayer d’enfiler un gant, il déboucha une bouteille avant de boire. Étant complètement découvert il parut s’en plaindre: « Maintenant couvrez-moi, je vous en prie. »
Lorsqu'on lui met sa chemise il passe lui-même les manches. Un jour devant un thaler il dit: « Voilà de l’argent. » Il prit de la fièvre, présenta de la dyspnée et mourut.
Autopsie. — À gauche, à la partie interne de los frontal exostose irréguliere de la grosseur de deux marks environ; symétriquement s’en trouve une semblable un peu moins grosse. Dure-mère très adhérente en certains points, arteres de la base un peu athéromateuses, avec des adhérences, on est obligé de dégager aux ciseaux les nerfs optiques creusés en gouttières par la carotide, Les moteurs communs sont englobés par les adhérences sans modifications apparentes.
Sur le cerveau, de chaque côté horizontalement, s'étendent deux bandes presque symétriques depuis la moitié postérieure de l’insula, jusqu'a la pointe du lobe occipital, sur deux à trois doigts de largeur. La plus grosse branche postérieure de la sylvienne est oblitérée A droite, les contours sont assez nets: trois des circonvolutions insulaires antérieures sont indemnes ; le foyer s'arrête à 2 centimères de la pointe du lobe occipital; une coupe dans la substance blanche à ce niveau
montre encore un détritus blanc friable, La moitié antérieure du lobe temporal est intacte: le tiers postérieur de la première circonvolution de ce lobe est complètement détruit, ainsi que la première partie de la seconde.
Les lobules lingual et fusiforme et la partie adjacente de la deuxième temporale sont intacts. Les circonvolutions rolandiques, les lobules pariétaux supérieurs et inférieurs sont normaux ; le pli de passage supérieur est intact, le deuxième aussi sauf lorsqu'il pénètre dans le lobe occipital, le troisième est atteint.
La substance blanche sous-jacente est atteinte peut-être jusqu’à la paroi externe de la corne occipitale. À gauche, le foyer est un peu plus étendu en avant, les limites sont moins nettes. Le lobe temporal est normal sauf la deuxième circonvolution qui est effleurée, et la partie postérieure de la première; la cireonvolution marginale, la circonvolution pariétale inférieure et les deux plis de passage sont détruits jusqu'a un pouce de la pointe du lobe occipital : dans la profondeur la paroi externe de la corne occipitale paraît en partie conservée, mais elle se confond avec le ramollissement.
K. HeiLBRONNER (idem. obs. n° 3) (résumée).
Cécité et surdité psychiques ; asymbolre trés grave ; double lésion temporo-occipitale,
F. G..., soixante-six ans, chapelier. Première attaque quatre ans auparavant avec hémiplégie droite sans aphasie ; à la suite deux vertiges. Seconde attaque deux ans après avec hémiplégie droite et perte de la parole et agraphie; le malade pouvait encore lire, mais il perdait la mémoire, il était très excité et pleurait facilement. Troisième attaque il y a quelques semaines ; à sa suite élat mental grave: le malade ne parlait
plus, ne comprenait plus rien, était gâteux,; il semblait seulement reconnaître ses enfants qu’il caressait.
Hémiplégie droite totale, jambe flasque, bras contracturé, exagération des réflexes ; hémianesthésie droite incomplète ; parésie du facial inférieur du même côté; hémianopsie droite; aphasie motrice complète, quelques plaintes inarticulées ; le malade est absolument indifférent à ce qui se passe autour de lui, il est agité, inquiet, il pleure souvent. 1] semble n’avoir aucune notion des objets qu’on lui montre; il porte à sa bouche tout ce qu’on lui donne, il ne sait pas se recouvrir, pourtant il tient un journal comme s’il le lisait, à l’endroit ou à l'envers d’ailleurs indifféremment. Une seule fois il déposa un objet sur une table, c'est l’action la plus complexe qu’on lui ait vu faire. Les impressions auditives étaient aussi sans action sur lui. On ne put examiner l'odorat. Le goût du savon Jui faisait faire la grimace, mais il recommençait aussitôt à en mordre (d’ailleurs toute expérience désagréable pouvait être recommencée immédiatement avec le même résultat). L'eau salée, sucrée, le lait, Palcool étaient bus de la même façon. La visite de ses parents paraissait l’agiter, il pleurait; mais peut-être n'’était-ce que l’incontinence émotion nelle des paralytiques.
A plusieurs reprises torpeur plus accusée, faiblesse extrême mais Sans COMA.
Mort à la suite d’une dernière attaque.
Autopsie. — Poids du cerveau 1.150 grammes. Méninges minces, faciles à enlever, artères athéromateuses. Deux ramollissements presque symétriques dans les lobes temporaux et occipitaux. A droite, envahissement de la deuxième circonvolution temporale à 5 mill. 1/2 de son extrémité, la moitié supérieure de la troisième est atteinte dans ses limites et dans son prolongement en arrière.
Le tiers inférieur de la circonvolution angulaire (pli courbe) et de la portion inférieure du pli de passage sont ramollis ; en
tout 8 centimètres de longueur sur 2 de largeur. A gauche, la
première circonvolution lemporale est touchée comme la deuxième à droite ainsi que le tiers moyen de la circonvolution angulaire. Dans la circonvolution prérolandique antérieure, enfoncement gros comme une pièce de 50 pfennigs.
Après immersion de trois mois dans le liquide de Müller, on constate une dégénérescence très nette dans le splénium du corps calleux. A la coupe la substance blanche est atteinte assez profondément. Le foyer constaté sur la frontale ascendante s'étend jusqu'à la circonvolution de Broca dont la substance grise reste intacte. Le ramollissement à droite atteint le ventricule. Des coupes microscopiques en séries doivent être pratiquées.
Hux Henry (American Journal of med. Sciences, 1887) (in Müller)
Légère cécité psychique avec inorientation et confusion mentale. Hémianopsie gauche sans achromatopsie.
Autopsie. — A droite, atrophie de la moitié inférieure du cunéus droit.
Hux Henry (American Journal of. med. Sciences, 1887) (in Vialet, th. Paris)
Surdité psychique avec hémianopsie et hémiopie gauches,
Autopsie. — Atrophie du cunéus de la deuxième circonvolution temporo-occipitale et du gyrus descendant à droite; et à gauche atrophie des deuxième et troisième circonvolutions occipitales; altération des première et deuxième frontales.
Lanpozr (ouvrage dédié à M. Donders, Utrecht 1888) (in Müller)
Perte des souvenirs optiques avec écriture et parole libres. Hémianopsie gauche. Parésie de la jambe gauche et des muscles de l’œil gauche.
OBSERVATION 24 Laquer (MNeurologisches Centralblatt,1888, p. 337)
Cécité et surdité psychiques. Aphasie sensorielle. Asymbolie par perte du sens de Pusage des objets. Pas de troubles visuels.
Autopsie. — Ramollissement de la première circonvolution temporale gauche, de la substance blanche de l’insula du lobule pariétal inférieur. Petit foyer entre le pli courbe et la deuxième circonvolution occipitale à gauche; rien à droite.
OBSERVATION 95 © Larsen (Æosp. Tib. 2 Bd. VI, n° 20, (cité par Wilbrand)
Cécité psychique légère avec inorientation et alexie. Cécité complète au début. Achromatopsie. Hémiplégie gauche.
R. Lépine (Sur un cas particulier de cécité psychique. Défaut de reconnaissance de certains objets. Apraxie sans aphasie; in Aevue de médecine, 1897, p. 452) (résumée).
Paralysie générale. Cécité psychique légère.
Homme de trente-trois ans, horloger-bijoutier. Deux crises épileptiformes. Hémiplégie gauche transitoire,
ob
Acuité visuelle 1/3. Rétrécissement. irrégulier du champ visuel donnant lPapparence d’une hémianopsie gauche. Rien à Pexamen ophlalmoscopique, Pas d’achromatopsie; pas d’aphasie: pas d’agraphie. État psychique assez troublé; indifférence absolue à tout ce qui l'entoure. Mémoire très affaiblie, surtout des derniers événements. Il comprend tout ce qu'on lui dit, il ne cherche pas ses mots pour répondre, il lit correctement et comprend ce qu’il lit.
Le malade reconnaît toujours les objets qui lui étaient familiers avant sa maladie ; il peut lire l’heure même sur un cadran dont on à mis le midi en bas.
Pour un grand nombre d'objets d'usage peu fréquent il hésite, ou, certains jours, il ne reconnaît pas. On lui montre, par exemple, un ruban métrique il reconnaît que c’est un ruban sur lequel il y à des chiffres, 40, #1, 42, 43, mais il ne sait pas à quoi cela sert. Il ne reconnaît un lorgnon que lorsqu'on le met sur le nez.
Il est capable de décrire assez exactement des objets qu'il ne connaissait pas (une seringue de Pravaz, une seringue à hydrocele, un sthétoscope, un sphygmomanometre...) mais ne pouvait imaginer leur usage; pourtant après plusieurs jours il était capable de trouver le mot de sthétoscope.
Il ne reconnaissait pas les personnes.
Le toucher l’aidait dans la compréhension des choses qu’on lui présentait, mais pas toujours. L’ouie semblait lui être plus utile (il reconnaissait sa femme à sa voix). Le goût lui faisait reconnaître certaines choses.
Écriture correcte. Dessin très modifié.
Il ne peut dessiner que les figures géométriques excessivement simples ; pour le reste lorsqu'on le pressait beaucoup il écrivait le mot; cette remarque faite très souvent est d’un grand intérêt.
Le malade possède encore des images visuelles, mais elles ne sont pas très nettes; il ne peut décrire que très grossièrement les objets qu'on essaie de lui rappeler.
L'auteur conclut en considérant son malade comme atteint de
paralysie générale, développée à la suite d'attaques avee convulsions et hémiplégie temporaire, caractérisée par de là faiblesse générale, du tremblement, de l'inégalité pupillaire de la démence. Le trouble spécial qu'il présente est l'impossibilité de reconnaître à l’aide du sens de la vue les personnes et les objets qui n'étaient pas tres familiers au malade avant sa maladie.
H. Lissauer (Ein Fall von Seelenblindheit nebst einen Beitrage zur Theorie derselben ; in Archiv für Psychiatrie, 1. XXI, p. 222).
E. Hagx (Path.-anat. Untersuchung des Lissauer’schen Falles von Seelenblindheit ; in Arbeiten aus der psych. Klinik in Breslau.H. Il, p.105, Leipzig, 1895) (observation in extenso, autopsie résumée).
Cécité psychique pure. Ramollissement dans le lobe occipital gauche et dans le bourrelet du corps calleux.