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L. G..., quatre-vingts ans, marchand

Mère morte âgée après dix ans de démence. Un frère mort jeune. Une sœur a des céphalalgies. Marié, huit enfants dont trois vivants, la plupart des autres sont morts en bas âge, un autre plus âgé mourut de phtisie laryngée, un fils est dans une maison de discipline, une fille encore vivante eut deux attaques de manie dont elle guérit.

Très forte constitution. Pas de maladie aiguë dans sa jeunesse. Variole noire en 1871. 11 se mit dans le commerce des grains, puis dans les entreprises de bâtiments où il acquit une fortune qu'il perdit plus tard. Il était violent, querelleur, économe jusqu'à l’avarice ; sa vie se passa en procès ; il fit des affaires quelque temps avec son frère, puis à sa mort, en été 1888, il prit le tout en main, faisait la correspondance, soutenait les procès, contractait de nouveaux traités.

Depuis environ trois ans, il a parfois des vertiges et une fois même il se fit une légère blessure à la tempe ; il se rétablissait tres vite de ses vertiges, et jamais on ne constata ni paralvsie, ni troubles du langage ou de la vision, Depuis un an environ son état mental n’est pas parfait, il perd la mémoire des dates, des nombres; il ne sait pas l’âge de ses enfants, oublie l'aspect de sa maison. Sa fille raconte même qu’il la confondait peut-être quelquefois avec sa belle-sœur, qu'il se trompait dans les objets qu’il prenait. Pourtant on n’est pas sûr que ces renseignements s'appliquent bien à cette période, En réalité en août 1888 le malade s’occupait de ses affaires, il voyageait, lisait, écrivait ses lettres, portait un lorgnon mais s’en servait rarement. Les derniers jours de juillet il se sentait un peu faible, sans appétit; il restait au lit.

Le 3 août il put se lever, fit un voyage pour ses affaires tout seul et rentra le soir exténué, se plaignant du mauvais temps et racontant que la tempête lui avait fait heurter de la tête un échafaudage : il ne vit rien pendant un instant, pourtant il put se relever et gagner la gare à trois quarts d'heure de là. Le malade se mil au lit et ne le quitta pas de deux ou trois jours ; il se sentait atteint et se plaignait de sa vue. Pourtant le jour de l'accident il mangea à table et les deux jours suivants il ne: parut pas du tout aveugle. Lorsqu'il commença à se lever, il heurta la porte et alla dans un coin de la chambre ; il ne savait plus sortir de sa chambre et ne le put qu'avec l’aide de quelqu'un. Arrivé dans la rue tout lui parut changé. Lorsque le matin il voulait se laver, il cherchait sa serviette qui était pourtant en place; une fois il chercha dans toute la chambre ses bottes qui étaient sous son lit; il prenait son panlalon pour son habit; il prit une image qui était au mur pour une armoire et essaya d’y chercher un objet qu’il avait perdu ; à table il prenait les objets les uns pour les autres, tenait sa cuillère à l'envers. Depuis son accident, il n’avait pas essayé de lire ; il faisait lire ses lettres par sa fille, prétendant qu’il n’y voyait pas suffisamment; c'était là surtout le sujet de ses plaintes, et il prétendait que c’était depuis son attaque du

3 août que sa vue avait ainsi baissé, On ne peut pas absolument tenir compte de ces renseignements à cause de la faiblesse de sa mémoire. 11 est certain que ses plaintes ont commencé deux ou trois jours après.

Le malade, à cette époque, ne reconnaissait pas sa fille, il Pappelait Oscar, et lui racontait des histoires qu’elle ne comprenait pas; il répéla plusieurs fois des propos pareils, mais cela disparut. On ne sait pas s’il confondait les personnes ou s’il était devenu dément. Les derniers temps le malade était intelligible et ses réponses naturelles.

Ce n'était que rarement qu’il ne reconnaissait pas les objets; il se retrouvait dans sa chambre, il s'habillait tout seul, il était propre.

Quelque temps après, le malade vint ici à cause de la faiblesse de sa vue et grâce à l’obligeance de M. Færster, il fut observé par M. Wernicke.

23 septembre 1888.— Nous avons devant les yeux un homme très vigoureux pour son âge, un peu engourdi au point de vue intellectuel, mais pas du tout dément ; il raconte très bien son histoire dans les faits principaux et se plaint particulièrement de sa vue. En fait, on s'aperçoit en effet qu’il n’est pas capable par la vue de reconnaître et de décrire la plupart des objets, qu’il le fait avec l’ouïe et le toucher, et pourtant qu'il n’est pas aveugle. Ceci se voit bien à son aspect, l'examen le démontre aussi.

I. État général psychique. — Le malade rend un compte exact de sa maladie; il se prête à l'examen volontiers et intelligemment. Il porte un grand intérêt à ses affaires, dans lesquelles il a plusieurs procès et il en à grand souci,

Son état psychique pourtant n’est pas indemne; d’abord sa mémoire n'est pas très fidele, il fait très souvent des fautes de dates comme les vieillards atteints de sénilité ; la mémoire des faits récents est meilleure, il se souvient de faits insignifiants, arrive toujours au jour fixé. Dans ses récits, il exagère l’extension de ses affaires, il exagère son activité, il se trompe sur les

sommes et sur les prétentions qu’il peut avoir ; il a des démêélés avec des membres de sa famille qu’il accuse de prodigalité et de détournement. Tous ces faits très nets à certains moments doivent être mis sur le compte de la faiblesse de sa mémoire, C'est aussi ce qui explique ses idées hypocondriaques.

Il. État général physique.-— Le malade est encore très robuste, il peut faire de grandes courses à pied ; rien, sauf les troubles oculaires, ne peut faire songer à une localisation ; la sensibilité, la motricité sont indemnes ; légère dureté d'oreille,

Rien à la face, à la musculature oculaire, rien au fond d’œil. Pas d’aphasie, vocabulaire riche, expression propre, compréhension exacte.

La recherche du champ visuel fut entravée par la cécité psychique du malade.

1° Réfraction. — + 8 (Dans les examens on corrigea toujours sa vue).

2° Champ visuel. — Hémiopie droite absolue; la ligne de séparation est un peu à droite du point de fixation autant qu'on peut l’établir. La vision centrale est conservée des deux côtés ; les deux côtés paraissent un peu rétrécis, plus en apparence qu’en réalité, à cause de l'insuffisance de l’éclairage et de la difficulté spéciale de cet examen. En tout cas pas de rétrécissement segmentaire.

3° Acuité visuelle. — À cause de l’alexie on fut obligé de se servir de tableaux avec des points (tableau de Bochat). L’hémiopie rendait encore cet examen très difficile. Pourtant, après correction, il semble sûr que l’acuité visuelle du malade était de 4/4 ou de 1/5. Plus tard le malade put en partie lire les mots imprimés; actuellement le malade lit le numéro 3 de Snellen à 30 ou 40 centimètres, pas avec plus de difficultés qu’il ne lit le numéro 8; donc ce n’est pas un trouble de l’acuité visuelle qui l'empêche de lire. L’acuité était alors de 1/3 et comme chez les vieillards elle est environ de 1/2 il en résulte que lacuité de notre malade était presque normale,

Léger trouble subjectif de la vue ; le malade croyait ses yeux comme voilés; il racontait qu'après son attaque il n’y voyait presque plus rien; on pourrait en inférer que le malade fut atteint de double hémianopsie ou de cécité corticale ; je ne le pense pas, parce que dans ce cas, l’entourage du malade s’en serait aperçu. Il est vaisemblable que ce trouble subjectif provenait de sa détresse (on était obligé de le conduire dans la rue). Ces troubles subjectifs d’ailleurs étaient variables; un jour il avait un brouillard devant les veux, un autre jour il ne sentait rien. Ces troubles subjectifs sont à enregistrer, car ils montrent que la cécité psychique peut s'accompagner d’une certaine faiblesse de la vision.

Il y a lieu aussi de parler de la facilité avec laquelle le malade se fatiguait. Lorsqu'on le faisait lire, au bout de quelques mots il était obligé de se reposer. Ces symptômes psychiques n'étaient d’ailleurs pas parallèles avec les symptômes de cécité psychique qu'ils n’expliquent d’ailleurs pas plus que la diminution d'acuité visuelle.

4° Vision des couleurs. — Le malade devant des écheveaux de laine ou devant des papiers colorés trouve parfois la couleur vraie, mais pas toujours et à deux examens différents ses réponses varient. I ne paraît pas sûr de lui-même. Si on Jui dit de prendre la couleur du canari ou du sang, il se trompe fréquemment ; il prend un rose tendre ou un bleu foncé pour la couleur du sang; pour la couleur du canari, il hésite entre le vert, le gris et le jaune.

Donc : achromatopsie très manifeste ; pourtant, lorsqu'on lui donne un écheveau et qu’on lui demande de prendre tous ceux de même couleur il le fait très exactement et avec assurance.

Le malade continue donc en fait à percevoir et à distinguer les couleurs, mais il ne peut pas faire correspondre ces couleurs avec les expressions du langage ou avec des représentations plus complexes.

5* Appréciation des dimensions à la vue.— Je la recherche

cn faisant diviser une ligne en deux parties égales, en faisant déterminer le centre d'un cercle.

La première épreuve fut exacte ; dans la seconde après l’examen il corrigeait les fautes qu'il avait faites. D'ailleurs on peut expliquer ces fautes par son hémiopie. On lui fit aussi mesurer la distance approximative des objets ; il le faisait assez exactement quand on les lui faisait marquer sur le bord d’une table ; mais si on le priait de les exprimer en pouces, en mètres il se {rompait complètement; un parapluie mesurait six pouces, un morceau de savon avait un pied de long. Done, de même que pour les couleurs, l'appréciation des distances était normale, mais non leur énonciation par le langage.

6° Vision binoculaire. — La maniere de regarder les objets montrait qu'elle existait ; il voyait les aspérités, les creux des objets. IL pouvait apprécier 3 centimètres d'écart entre deux aiguilles placées à 50 centimètres de lui. La vision binoculaire était donc conservée.

1° Mémoire visuelle. — La mémoire était affaiblie chez ce malade et nous devons en tenir compte ; il s’agit de savoir si celle des choses vues était plus ou moins conservée que les autres.

D'abord pour ce qui concerne les souvenirs visuels récents, le malade fit de nouvelles acquisitions visuelles : il apprit à se souvenir d’un visage, d’un chemin nouveau, etc. Si on lui mettait devant les yeux pendant vingt ou trente secondes une ligne d’une longueur donnée, de 6 à 10 centimètres par exemple, il pouvait l'instant d'apres en retracer la grandeur, Si l’on choisissait une figure plus compliquée, une croix aux branches irrégulières par exemple, il pouvait en donner un dessin, qui était d'autant moins conforme que la figure était plus compliquée.

La mémoire des faits anciens n’était pas bonne, mais elle existait néanmoins: on lui demandait le chemin à prendre pour aller d’un point à un autre, la maniere de s’habiller, la coupe de barbe, la couleur des cheveux, des yeux d'une per-

sonne antérieurement connue. La question est particulièrement de savoir dans quelle mesure le malade avait conservé des images-souvenirs visuelles distinctes, dans quelle mesure l'élément visuel jouait un rôle dans les représentations ordinaires. L’imagination visuelle, on le sait, est très variable suivant les individus et lorsqu'elle n’est pas prononcée, comme chez le malade de Charcot, il faut que la lésion soit profonde pour qu’elle puisse s'apprécier. On peut demander au malade des renseignements sur tel ou tel objet, chose que notre malade faisait assez bien; par exemple, la grosseur et l'aspect général des anguilles, des turbots, des cygnes, des poires, des cerises. Notre malade répondait assez bien à ces questions, il ne le faisait pas si on lui parlait des tortues, des éléphants... Cette méthode de recherches est un peu inutile, car le nombre des objets qu'on peut choisir est assez restreint et les renseignements sont superficiels. Il est possible qu'on puisse donner des renseignements sur un objet sans en reproduire la représentation sensorielle. On peut arriver à un meilleur résultat en faisant dessiner de mémoire.

A cet examen le malade se comporte très maladroitement ; devant beaucoup d'objets simples: tables, chaises, maisons, marteau, cuillère, il reste coi après avoir tracé les premiers traits exprimant à peine son intention, il se tient pourtant toujours à peu près au niveau de ce que pourrait faire un enfant de six ans. Une fourchette montre un manche et trois dents, une poire a la forme d'un cône, on y distingue la queue et le nœud; donc il ne manque pas au malade des images-souvenirs qui lui permettent de dessiner, il doit avoir un trouble spécial sur lequel je reviendrai. Ce qui me fait croire qu'il a conservé des souvenirs, c’est qu'il peut encore écrire : l'écriture en effet n'est, d’après les données les plus vraisemblables, que le dessin d’une image mentale, la copie d'un mot imaginé (Wernicke); or, notre malade écrit couramment sans faute. Les images verbales sont donc conservées, nous l'admettrons pour les autres. J'arrive donc à cette conclusion : c’est qu’il n’y a aucune raison certaine de croire que notre malade ait perdu les

images-souvenirs; alors que la possibilité d'écrire est une raison de croire le contraire.

1° Dessin. — lo Copie. Le malade peut copier les objets simples; il dessine une montre où l’on reconnaît le cadran, l'anneau, le poussoir du remontoir. Il dessine une clef avec son panneton, un balai à parquet avec son manche et sa brosse. Pendant qu'il dessinait il ne savait plus ce qu'étaient ces choses. Ces faits sont capitaux à notre sens; ils montrent que le malade peut percevoir des formes simples, qu'il possède la faculté d’aperception et qu’en tout cas sa vue est suffisante pour lui permettre de reconnaître les objets.

Pourtant on ne peut pas dire que le malade puisse dessiner d’après un modèle. Le dessin lui coûte beaucoup de peines, il le fait très difficilement, proteste constamment qu’il n’a jamais appris à dessiner, il se fatigue très vite et se repose très souvent. Il n'a pas pu dessiner une bouteille, une carafe, une tasse.

La copie d’un dessin au trait semble plus facile que le dessin d’un objet, car il lui est très difficile d’abstraire la ligne qui donne la caractéristique d'un objet. En somme, notre malade est excessivement maladroit ou bien sa maladie ui à enlevé la faculté du dessin.

2° Dessin spontané. — Nous y revenons. Quelquefois il y réussit, ordinairement non. Il ne termine jamais son dessin d’un seul jet, il trace des traits séparés qui se surchargent ou se groupent; des qu’il a achevé une portion, elle lui devient étrangère au même titre que les objets environnants, Ce n’est pas manque de mémoire, mais parce qu’il ne peut plus identifier l’image que lui fournissait son imagination et le dessin qui est alors pour lui un objet. S'il veut, par exemple, dessiner une botte, il fait à part la tige et le pied, il on est au talon; où doit-il le placer ? II le sait, mais ne comprenant plus son dessin, pas plus que s’il avait été dessiné par un autre il fait en hésitant un talon tantôt ici, tantôt là, ou bien il reste en

suspens.

De même il fait une bouteille en dessinant à part le fond, le corps, le goulot; un homme qu'il a voulu représenter ressemble a un mannequin désarticulé et remonté n'importe comment. C’est la même chose que lorsqu'il écrit sans pouvoir se lire ; si on l’oblige à s'arrêter puis à reprendre il ne fait qu'un gribouillage informe.

8° Lecture et écriture. — Le malade écrit couramment sous dictée ou spontanément; il écrit les lettres isolées comme avant sa maladie, mais les phrases n’ont pas un aspect propre, clles sont irrégulières, mal scindées, en partie au-dessus de la ligne. Ceci est dù en partie à sa cécité psychique qui l’empêche de se rendre compte de l'aspect général. Il ne peut presque lire ni écrit, ni imprimé, il ne peut pas distinguer les nombres; de temps en temps il lui arrivait brusquement, sans grande peine, de reconnaître un miot du tableau de Snellen : de même au milieu d'objets usuels il en reconnaît quelques-uns, ignore tous les autres. Il reconnaît une lettre qu'il ne peut pas lire lorsqu'on la lui fait repasser avec la main, comme s’il l’écrivait. Il ne peut pas copier les lettres, tout au plus peut-il dessiner lentement de grosses lettres.

Plus tard la lecture s’améliora d’une facon sensible. En décembre 1888 sur une douzaine de mots le malade en lisait quatre où cinq; il ne pouvait surtout pas lire les mots longs, il lisait autre chose ou bien défigurait ce qu’il lisait, Il est très à remarquer qu'au début le malade ne se plaignait pas de son alexie, il prenait ce qu’on lui donnait avec assurance et lisait n'importe quoi, son adresse, le pater par exemple : fait très semblable à ce qui était pour la reconnaissance des choses. Les réponses étaient brusques après un moment de fixation.

Je n'ai pas pu me convaincre que c'étaient les mêmes lettres qui manquaient au malade; car il ne reconnaissait pas une lettre qu'il venait de lire dans un mot, Il lui arrivait de très mal épeler un mot qu'il lisait quand il le considérait dans son entier.

9° Sens de la forme, — J'appelle ainsi la faculté de pouvoir

percevoir une certaine quantité de formes de façon à ce que Pimpression d'ensemble arrive aussi clairement que possible à la conscience avec tous les détails. Je crois qu’on peut rechercher cette faculté par ce fait qu’on peut distinguer lune de l'autre deux figures semblables dans leur aspect général mais dissemblables dans les détails. L'épreuve consiste à voir et à ‘désigner cette différence. Cet examen peut porter sur des objets très différents, depuis les figures les plus simples, dont les différences sautent aux yeux, jusqu'aux formes les plus compliquées dont les dissemblances sont encore perceptibles, jusqu'aux formes qu’on ne peut distinguer sans règle et sans mesure. Il semble que cette épreuve mette particulièrement en jeu la faculté qui nous fait prendre conscience des impressions sensorielles c’est-à-dire l’aperception. Cet exercice d’ailleurs qui consiste à identifier deux formes compliquées ou à en sentir la différence, nécessite encore d’autres facultés : la mémoire visuelle, l’appréciation visuelle des dimensions, une acuité visuelle, un champ visuel suffisants; mais le principal demeure, car il ne s’agit pas comme pour l'examen de l’acuité visuelle d’impressions simples juste sur la limite de la perception, mais au contraire d’un groupe d’impressions très faciles à percevoir isolées que la conscience doit réunir, englober et accorder entre elles ; il s’agit d’une faculté de la perception qui est bien différente de l’acuite visuelle, qui doit naturellement entrer en ligne de compte dans l'application du choix, de la grandeur et du développement de l’objet examiné.

Je reparlerai de cette faculté à propos de laperception. L'étude du dessin nous à appris que le malade pouvait avoir l’aperception des objets simples; notre nouvelle épreuve va d’abord montrer, d’une facon très détournée, si le malade peut encore dessiner et ensuite s’il peut percevoir les formes compliquées. Il est évident qu’on peut faire porter cet examen sur de véritables objets.

Je me contenterai dans notre cas des examens suivants : je dessinai d’abord deux arabesques en forme du chiffre 3, en terminant la seconde par une petite spirale. Le malade reconnut

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