‹ Les agnosciesChapitre 9 sur 37 · SAGE · texte numérisé non relu

SAGE

on ne peut déchiffrer ce qu'il a écrit; on remarque que, à cause de son hémiopie droite, il n’écrit que de ce côté-là du papier; il écrit plusieurs mots verticalement, comme s’il lui manquait la notion de l’orientation sur son papier ; l'intervalle des traits est très irrégulier et souvent leurs directions sont très diverses; certains mots sont répétés; quelques lettres seulement sont nettes, les autres forment un gribouillage illisible. » La malade si curieuse de Badal (n° 3) devant un morceau de papier commence à porter la main bien au delà ; on la lui met en place; mais elle ne peut absolument rien écrire quoiqu’elle puisse reconnaître les lettres et qu’elle semble en pouvoir encore évoquer le souvenir visuel: « Représentez-vous par la pensée la forme de la lettre a, lui dit-on. De quoi se compose-t-elle ? » (La malade ferme les yeux et après un instant de réflexion: « Oui, je vois, il y a un rond et une barre. » Ajoutons que la possibilité de l'écriture, d’après les idées de Wernicke admises actuellement, semble prouver la persistance au moins de quelques souvenirsimages, comme Lissauer l’a du reste fait très bien remarquer dans son observation.

L'étude du dessin, à côté de l’agraphie, peut nous donner chez nos malades des renseignements utiles et assez précis. Il y a dans l’art de dessiner deux éléments, un élément moteur (ou représentatif de mouvements) et un élément visuel ; l'élément visuel est évidemment toujours prépondérant, mais l'élément moteur devient de plus en plus important avec le progrès de l'éducation; pas plus que dans l'écriture pourtant il n'arrive à l'autonomie à laquelle l'élément moteur phonétique de la parole est arrivé dans le centre de Broca. Un exemple fera

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