CARE
rebord costal. Malgré le repos complet la température demeure oscillante entre 380,5 et 390,5.
Du 27 mai au 17 juin, le malade reçoit 7 piqûres de crisalbine (0 gr. 10, 0 gr. 25, cinq fois 0 gr. 50). La température baisse un peu mais le malade se plaint de coliques extrêmement intenses dès la fin du mois de mai. El n’y a pas de diarrhée ni aucun autre symptôme d’intolérance. La dernière piqûre de 0 gr. 50 de crisalbine est faite le 17 juin (dose totale 2 gr. 85). Le 18 au soir la température atteint 400,4, le malade est très abattu. |
Le 20 juin au matin, apparaît un ictère d’abord léger qui fonce d’heure en heure. Le malade est en proie à une agitation extrême, il mâchonne des mots incohérents, les membres font des mouvements incessants, désordonnés, de faible amplitude. L’abdomen est ballonné, parcouru par une circulation collatérale.
On y remarque une douzaine de bulles de la taille d’un pois qui contiennent un liquide citrin et sont entourées d’une large auréole purpurique. Une vaste ulcération peu profonde, d'aspect atone et ne saignant pas s'étend sur toute la moitié postérieure du voile du palais. Il n’y a aucune hémorragie apparente, pas de purpura, mais le signe du lacet est positif. Le malade est prostré, délirant. Les urines sont rares, albumineuses, riches en pigments biliaires. La température est à 390,2.
L'examen du sang montre : hématies, 3.250.000 ; leucocytes, 1.600 ; poly neutrophiles, 0 ; poly éosinophiles, 3 ; monocytes, 36 ; lymphocytes, 4 ; hématies nucléées, 28 ; restes nucléaires, 29. Le nombre des plaquettes paraît normal sur les lames, elles n’ont pu être numérées.
La mort survient le même jour dans la soirée, 12 heures après l’apparition de l’ictère.
L’autopsie confirme l'existence d’une pleurésie gauche et montre dans le poumon droit un bloc de pneumonie caséeuse, excavé à sa partie moyenne. Le péritoine con-
tient un litre environ de liquide citrin. Le foie est ferme; légèrement hypertrophié. À la coupe: des plages rouge* pourpre ayant environ la taille d’une lentille, extrêmement nombreuses, se détachent sur le fond du parenchyme blane-
jaunâtre: Cet aspect si particulier l’a: fait qualifier par le”
Professeur Fiessinger de:« foie porphyre». La rate, rouge et
molle, pèse 170 grammes. Les reins, les surrénales, l'intestin, . les ganglions lymphatiques paraissent normaux: Enfin la:
moelle costale est rouge.
Moelle osseuse costale. — Le nombre des éléments cellulaires est peu modifié. Les polynucléaires et mwélocytes neutrophiles ont complètement disparu, mais on voit quelques myélocytes et polynucléaires éosinophiles. On voit aussi quelques myéloblastes dont le noyau présente: une ou plusieurs nucléoles et dont le protoplasme est homo: gène ou contient de fines granulations violettes: Les élé: ments de beaucoup les plus nombreux sont des monocytes
et des lymphocytes. Hématies nucléées nombreuses, sou-: vent de grande taille. Les cellules: adipeuses:et les: méga-
caryocytes sont d'aspect normal.
Foie (pour l'examen duquel nous: remercions lé: Profes-.
seur Fiessinger et Guy: Albot). — Le foie. complètement
bouleversé présente des lésions dégénératives très étendues:
Surtout marquées au centre du lobule. Les: cellules hépatiques sont pycnotiques avec dégénérescence atrophique du cytoplasme, elles sont dissociées par de grands foyers de suffusion hémorragique. Ces hémorragies interstitielles semblent secondaires à l’atrophie trabéculaire. On remar: que aussi un certain degré de réticulose fibrillaire. Il my à aucune infiltration cellulaire.
Dans les régions périportales, nodules d'hyperplasie cellulaire qui donnent l’aspect d’une hépatite hyperplasique nodulaire: Léger degré de sclérose périportale et épaisissement de la capsule de Glisson, quelques rares tubercules: En résumé : on constate deux sortes de lésions, une hépa-