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pénie peut parfois ne pas se reproduire si l’on reprend le traitement dans les mêmes conditions.
La plupart des agranulocytoses de l’aurothérapie, sinon toutes, sont donc des réactions d’intolérance liées avant tout au terrain. La notion de réaction d’intolérance limite considérablement le rôle des doses utilisées, mais ne le supprime pas forcément. Les doses utilisées pourraient jouer un rôle dans la fréquence d'apparition de l’agranulocytose, mais il n’est pas possible actuellement de l’affirmer.
M. Millian pense que les agranulocytoses de l’aurothérapie sont des accidents biotropiques c’est-à-dire qu’elles sont causées par une infection réveillée par les sels d’or. Cette infection pourrait être produite par des microbes connus, cultivables, non spécifiques ou par un virus inconnu et incultivable. Les hémocultures et les inoculations que nous avons effectuées, de même que celles des autres expérimentateurs sont toutes restées négatives. On peut donc éliminer les microbes connus, cultivables comme les streptocoques, les staphylocoques dont on a discuté le rôle dans certaines agranulocytoses spontanées ou toxiques (Merklen). Il est plus difficile de discuter le rôle d’un virus inconnu et incultivable. Cependant on ne trouve pas de contagion entre les malades d’une même salle soumis au même traitement aurique. Enfin le temps d’incubation serait extrêmement variable puisqu'on trouve tous les intermédiaires entre 15 jours et un an.
Nous savons peu de choses sur ce qui détermine
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l'apparition d’une agranulocytose au cours d’un traitement aurique. Nous pouvons seulement écarter certaines théories qui ont été proposées. L’or ou l’or associé à un radical soufré n’est qu’un des facteurs d'apparition de l’agranulocytose, la dose utilisée n'ayant qu’une action douteuse tout au moins dans la limite des doses thérapeutiques. Fe
Le (terrain » joue un rôle particulièrement important, non seulement dans les agranulocytoses de l’aurothérapie, mais encore dans tous les accidents de la chimiothérapie. Depuis longtemps déjà on a remarqué qu’un même médicament pouvait avoir une action différente suivant les malades parce que ceux-c1 sont en réalité profondément différents. Et c'est à cette structure intime particulière à chaque individu qu’on a donné le nom de « terrain ». Cette théorie peut sembler vague, mais elle n’est pas plus imprécise que nos connaissances sur ce sujet. En particulier nous sommes incapables de distinguer et nous désignons par le même nom de terrain les modifications acquises et les caractères permanents. Les différences les plus importantes entre les malades échappent à nos moyens d'examen. Nous sommes incapables de discerner ce qui caractérisait le malade qui seul a présenté une agranulocytose parmi le millier de malades traités. Une insuffisance rénale, ou plutôt une insuflisance hépatique jouent peutêtre un rôle mais des centaines de tuberculeux au foie gras ou alcooliques ne font pas d’agranulocytose au cours de l’aurothérapie.
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IL est le plus souvent impossible de mettre en évidence l'existence du sol hématique sur lequel a insisté récemment encore et à Juste titre P. E. Weil. Les antécédents d’anaphyplaxie (urticaire, obs. 13) sont exceptionnels. Les quelques cas où on avait examiné le sang avant l’aurothérapie n’avaient rien montré d’anormal (obs. 12 et 16).
Il semble pourtant que le terrain spécial qui est une des conditions de l’agranulocytose n’a pas le caractère d’une modification permanente. Nous avons vu plusieurs fois une agranulocytose survenir après une seconde cure alors que la première avait été bien supportée. Inversement nous avons pu une fois après la guérison d’une agranulocytose reprendre le traitement aurique sans incident.
On pourrait proposer de nombreuses théories sur la nature du terrain qui prédispose à l’agranulocytose à l’occasion d’un traitement aurique. S'agit-il d’un trouble fonctionnel de certains organes et plus particulière ment de la moelle osseuse dont nous connaissons si mal la physiologie et la pathologie. S’agirait-il de troubles humoraux complexes. Nous manquons d'éléments positifs pour faire autre chose que développer des hypothèses.
Cependant on est frappé par l’analogie qui existe entre les accidents et le pouvoir curatif des sels d’or. Il ne semble plus possible d’invoquer une action bactéricide de l’or sur le bacille de Koch. L’aurothérapie n’est pas spécifique, son action est irrégulière, variable, imprévisible. Pour beaucoup d’auteurs les
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sels d’or agissent en modifiant le terrain du tuberculeux ou du rhumatisant.
Peut-être faut-il voir la raison de l’action favorable ou défavorable des sels d’or dans le fait qu'ils produisent des modifications importantes, inconnues et brutales du terrain ; et ces modifications du terrain variables selon les individus, doivent être influencées par le terrain préexistant. UE
Le problème des agranulocytoses de l’aurothérapie qui fait partie de la grande question des aceidents de la chimiothérapie rejoint iei le problème de l’action thérapeutique de la chimiothérapie.