LES ZEPPELINS SUR PARIS
ai Mars 1915.
Sous les étoiles d'or d'un ciel ornemental Glissent les Zeppelins dans la clarté hardie Et le vent assaillant leurs parois de métal En fait luire et siffler l'armature arrondie.
Un but sûr, mais lointain, les hèle et les conduit; Et tandis qu'ils ne sont encor qu'ombre et mystère Leur vol énorme et lourd s'avance dans la nuit, Et passe on ne sait où, au-dessus de la terre.
Les plaines et les bois se dérobent sous eux Et les coteaux avec leurs fermes suspendues Et le bourg" et la ville aux étages nombreux D'où leur présence proche est soudain entendue.
Aussitôt jusqu'au Sud, et de l'Est et du Nord, S'émeut et retentit le télégraphe immense ; La menace est criée et la vie et la mort Org-anisent partout l'attaque ou la défense.
De toutes parts est perforé l'espace gris; Des foyers de lumière en tous coins se dévoilent Et leurs barres de feu vont ramant sur Paris Avant de remonter se cogner aux étoiles.
Ceux qui guident le vol des navires, là-haut,
Voient luire à leurs côtés la grande Ourse et les flammes
D'Hercule et d'Orion, d'Hélène et des Gémeaux,
Et s'estomper au loin le Louvre et Notre-Dame.