‹ Les ailes rouges de la guerre, poèmesChapitre 6 sur 23 · FRANCK ET ALLEMAGNE Q · texte numérisé non relu

FRANCK ET ALLEMAGNE Q

Car notre âme vivait Parmi ce monument ardent et vaste Et tout autant que lui, pour mieux s'épanouir

Et se darder vers l'avenir, Unissait en faisceaux ses multiples contrastes.

Depuis quels temps Etait-elle à la fois et païenne et mystique, Simple mais nuancée, autre mais identique, Fragile sous la brise et ferme sous l'autan ? Bien mieux que toute autre âme, elle épousait l'instant. Elle était souple et forte et prompte et magnifique ; Elle exaltait l'audace avec des mots légers; Qui la croyait encor languide et léthargique La surprenait, vaillante et nue, en plein danger ; Elle enseignait à tous une attitude fière ; Railleuse un peu, mais ferme et l'épée au côté, Elle éclairait les yeux de toute la lumière Que renferment ton cœur et tes yeux, Liberté.

LEb AILES ROUGES DE LA GUERRE

Jadis, dans les cerveaux à dure et fruste écorce, Dûment, elle implanta, siècle à siècle, le droit; Elle avait desserré le poing roux de la force Pour lui glisser le rameau vert entre les doigts.

Autant sous la clarté qu'à travers l'ombre épaisse, Elle avait étendu son travail bienséant : De l'Occident entier elle aurait fait la Grèce Se répandant au Nord jusques à l'Océan.

A ranimer l'orgueil des cités abattues,

Elle y découvrit l'art et le fit baptiser ;

Elle inclina vers Dieu le front blanc des statues

Et répandit sa flamme en leur torse épuisé.

Elle avait on ne sait quelle ardeur fraternelle, Allant de peuple à peuple incendier les vœux ; Elle ornait de ses fleurs la guirlande éternelle Qui court en longs festons joindre le bien au mieux.

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