‹ Les ailes rouges de la guerre, poèmesChapitre 7 sur 23 · FRANCE ET ALLEMAGNE 10 I · texte numérisé non relu

FRANCE ET ALLEMAGNE 10 I

Sa force était lucide et quelquefois sublime : Le jour où tous les rois furent ses ennemis, Vingt peuples exaltés par Jemmape et Valmy Crurent voir ressurgir Platée et Salamine.

Un seul lui résista ne la comprenant point. Dites, depuis quels temps peuplait-il ses montagnes Du bruit de ses marteaux tonnant entre ses poings Et frappant dans le fer le sort de l'Allemagne ?

Son âme était flottante aux brumes des forêts ; Elle y rêvait le soir, quand la peur s'accumule, A Wotan borgne et lourd qui erre et disparaît Là-bas, vêtu d'éclairs, au fond des crépuscules.

Gomme ses dieux guerriers dans leur ciel fracassant Ne parvinrent jamais à dompter leur furie, L'âpre Allemagne au long des jours, des mois, des ans Ne put jamais qu'organiser sa barbarie.

Parce que ses regards s'hallucinent vers l'or Gomme ceux d'Albéric au fond des eaux, naguère, Elle en voulut sa part formidable, d'abord ; Elle en veut aujourd'hui la masse tout entière.

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