FRANGE ET ALLEMAGNE
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Elle aime la conquête avec férocité :
Les guerres sont pour elle ou l'abri ou le havre ; Elle marche sur les mourants, le pied botté, Et son orgueil s'épand de cadavre en cadavre.
Elle est atroce et fourbe et basse à tout moment ; Elle espère, grâce à l'horreur de cent carnages, Quand même, un jour, river avec acharnement, Sur l'ample humanité, son terrible visage.
Mais si tel deuil ou tel crime dût advenir Et qu'elle réussît à hausser sa marée Jusqu'à battre le roc sauveur de l'avenir, L'Europe à tout jamais serait déshonorée.
YPRES
YPRES
Au temps des communiers têtus et arrogants, Ypres, la ville égale et de Bruge et de Gand, Soutint sièges sans fin et révoltes sans nombre, Si bien que, dans l'bistoire, Sa gloire, Quoique de splendeur rouge, est de clarté plus sombre.
Les tout premiers, Ses ouvriers Organisent chez eux, en leurs maisons minimes, Avec la trame aux mille jeux, Tissant les draps lourds et moelleux, Le travail clair, familial et unanime.
Femmes, filles, garçons aident dûment celui Qui est, tout à la fois, et le maître et le père. Chacun tient sa besogne et son devoir de lui
Et l'accomplit, Selon Tordre qu'il juge utile et nécessaire.
Avec quelle âpre ardeur, ramassée et concise, L'homme défend son toit, sa gilde et son église ;
Il est têtu, parce qu'il croit
Que sa cause est le droit, Et qu'avec son front libre et ses deux mains serviles. Il travaille à l'orgueil crénelé de sa ville.
Il la veut ferme et forte autant
Qu'est ferme et fort son cœur battant.
Déjà les Halles
Sortent de terre, lentement, Et muraille à muraille, et fragment par fragment, Montent, d'une poussée ardente et triomphale,
Vers l'or épars du firmament.