D' N. Zupancié, L. c., p
(1168-1199) régna non seulement sur l’Albanie
du Nord mais encore sur Kroya et Lyèche. M
dE Son second fils Dragontine a assiégé DratchM
(pendant le siège il tomba de cheval et se 4 tura le pied). Mais cette place ne fut conquise
que par le roi Miloutine, qui ajouta à son titres de roi serbe celui d’un « roi d’Albanie ». |
Stevan Douchane le Puissant (1331-1355) avait encore comme dauphin (« le jeune roi »} et comme gouverneur de la province serbe de“ Letsa (le Monténégro d'aujourd'hui) sa résidence à Skadar. Comme roi, il conquit aussi l’Albanie du Sud. Quatre ans plus tard il con quit Janyina et se conféra le titre de « roi d'Albanie' ». En novembre 1345, Douchane fut proclamé empereur des Serbes et des Grecs à Serez; le couronnement eut lieu, à Skoplje” le 16 avril 1346; il fut exécuté par le patriarche bulgare Siméonne et l'archevêque serbe Joanikije, nommé patriarche serbe. Les deux patriarches et l’archevêque d’Ochrida posèrent
1. Chaleokondylas, De rebus Turicis, lib. 1, cap. 1, p. 26-28. Safarick, Asta archivi Veneti, fase. 1, p. 28, n° XXIX. — Makuchew, {. c., p. 46. Le titre entier de Douchane dans les actes latins est: Stephanus, Dei gratia Romanie, Sclavonie et « Albanie Imperator (D: N. Zupantié, L. e., p. 39).
SÆs
la couronne impériale sur la tête de Douchane. Immédiatement. après le couronnement Douchane conquit l’Étolie, l'Acarnanie et la Thessalie. Trois ans plus tard (en 1349) l'empereur Douchane donna à son empire le célèbre code, d'après lequel même un empereur pouvait être cité devant un tribunal, s'il devait avoir accompli quelque injustice — à une époque, où dans l’ouest de l’Europe régnait encore la loi du plus fort.
Sous Douchane les Albanais formaient avec les Serbes une nation politique. Voilà pourquoi il n'est pas étonnant que même plus tard Georges Kastriotié (Skenderbeg) ait composé des actes en langue serbe et en écriture cyrillienne. Sous le sceptre de Douchane les Albanais atteignirent le plus haut degré de culture qu'ils ont jamais occupé.
La Vieille-Serbie et l’Albanie du Nord forment un tout géographique et étaient désignées du vi‘ au xv° siècles comme territoire littoral serbe (primorje). En fin de compte les Albanais appartiennent à la même race que les Serbo- Croates. (D' N. fupanié, Pre;p40
La même chose est affirmée aussi par l’an-
thropologiste anglais William Z. ?ipley qui dit : :
«€ Whatever the theory of the historians as to origins may be, to the anthropologist the M modern {llyrians-Serbo-Croatiens and Alba- $ niens alike are physically an unit’. »
Si l'on tient compte de tous les rapports ethnographiques, anthropologiques et historiques entre Serbes et Albanais, il n’est pas étonnant si, au commencement du xix° siècle, Ü. A. Gruber dans sa Historisch-topographische Beschreibung von Bosnien und Serbien (Vienne, 1810, p. 45-51) appelait les Albanais des « Slaves méridionaux ». (D Zupanié, L, CM p. #1.)
Combien les Albanais se sont plus sous Ian domination serbe, ressort des faits suivants :
Dans les contrats que quelques villes et communes albanaises conclurent avec Venise à la fin du xiv° siècle, la république dut toujoursM s'engager à respecter les lois et « poveie »
(povelje, décrets royaux) du roi Ouroche, dev l’empereur Douchane, etc”. En 1458 le supé«