‹ Les Albanais et les grandes puissancesChapitre 9 sur 30 · LE LES ALBANAIS · texte numérisé non relu

LE LES ALBANAIS

organique. Elle se compose de parcelles qui appartiennent à différents grands systèmes du sol; pour cette raison elle manque d’un centré commun et naturel, et est partagée en deux par* ties indépendantes l’une de l’autre, le nord et le sud, entre lesquelles le centre balance. Nous aimons à voir dans ce curieux caractère du sol la raison principale pour laquelle le pays, à aucune époque, n'a eu d'histoire commune:

Même il semble qu'on n'ait jamais fait de sérieux efforts pour faire un tout unique de cé pays, Car aussi souvent que dans une partie dü pays un conquérant s'est levé, ou qu’il y avait des forces superflues, elles se dirigeaient vers le dehors, et jamais contre les voisins des mêmes tribus (Bardylos, Pirhous, les rois illyriens}: Le fleuve des émigrants albanais du centre n@ se déverse pas vers le sud, mais par la Macés doine et la Thessalie. De même en temps modernes. Les pachas héréditaires de Chkodra (Skadar) ne se soucient point de l’Albanie du Sud. Ali-Pacha de Tepelen tourna également le dos à l’Albanie du Nord et tendit les mains vers la Thessalie et la Grèce. »

Voilà pourquoi il n’est pas étonnant L

oute l’histoire de l’Albanie consiste dans lhistoire des conquêtes étrangères de ce \ays.

En l’an 200 après J.-C. commence la contuête des Romains, sous lesquels Dyrachium olus tard en serbe, Dratch, et plus tard encore > Durazzo italianisé) devint un important entre commercial.

Ensuite vint la conquête de l’Albanie par les oths, puis par les Hongroïs, les Obres et les langobards du 1v° au vr siècle.

| « Si l’on fait abstraction — dit v. Hahn be c., 1, p. 310, 332) — de l'immigration des -oths en Albanie qui, pendant cent trente ans, lomina aussi dans l’Albanie du Nord, c'est immigration serbe en Albanie qui est la plus nportante. En 640 les Serbes et les Croates hmigrèrent en Dalmatie; ils subjuguèrent les lvares qu'ils y trouvèrent, et s’entendirent vec les quelques habitants romains des villes la côte, que la fortune des temps avait

hénagés. Ils pénétrèrent aussi par les monta- Ines limitrophes du sud (de la Dalmate) et bnquirent l’Albanie du Nord, qui à partir de » moment jusqu’en 1360 (donc pendant sept 3:

cent vingt ans) forme une province de l’État) serbe, séparée du sud du pays.

Le fait est encore confirmé par Constant Porphyrogenetus' qui dit : | « En 640 les Serbes ont régné sur toute la Dalmatie de l'Istrie jusqu’à Durazzo. » Des pres

, A 4 - À miers temps de la conquête serbe on n’a conservé en Albanie que le souvenir du premier

roi serbe Vladimir. C'était un modele de vertu! |

et de piété, ce qui lui valut d’être enseveli au! couvent du saint Dyon, à une heure au nord ouest d'Elbassan, après avoir souffert le mar: tyre. Les Albanais le considèrent comme un!

saint et racontent nombre de miracles produits par ses restes mortels. (Voir Makuchew, L. c# p. >.) Les Serbes ont une charmante légende sur ce saint Vladimir et sa femme Kossara. Le souvenir de ce roi, à qui ses efforts d'humanisern l’Albanie sauvage ont valu la mort du martyre; est encore aujourd'hui si vivant parmi le peuple serbe, qu'un journal serbe a fait la pro position, il y a quelques jours, de fonder un!

nouvel ordre serbe du saint Vladimir. |

1. De administr. Imperio, c. XXX, p. 141 de l'édition de Bonn; cité par Makuschew.

| Ge roi serbe que l’Église a canonisé est encore aujourd'hui le patron de la ville de | Dratch (Durazzo)'.

Pendant les quatre cent premières années de

la domination serbe en Albanie on nomme

encore, outre Vladimir, les souverains sui-

vants : Tichomir, Glava, Golem, Slava et

IIvica, Michael Vojislavljevié (1077), qui établit l'indépendance de l’église serbe sur le littoral, en fondant, à la place de la Dioclea détruite, un évêché serbe à Bar (Antivari).

De 1081 à 1101 régna son fils Constantin

| Bodin, dont le royaume s’étendait de la Morava

à l'Adriatique et de la Cétina et Save au Drim et Prichtina, et jusqu’en Albanie. Sa résidence était Skadar sur la Boyana (où il reçut et

hébergea le prince sicilien Tancred avec toute

| son armée, lorsque celui-ci se rendit à la pre-

mière croisade). Son tombeau, ainsi que le tombeau de sou père le roi Michael Vojis-

savljevic se trouvent encore aujourd'hui au

| couvent de Saint-Serge sur la Boyana non loin

de Skadar.

Le Louis XI serbe, le roi Stevan Nemanya

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