DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE l
Cette unanimité , cette unité , cet accord que prouvent-ils? Sinon que les auteurs catholiques n ont écrit que sur les renseignements les plus exacts et en parfaite connaissance de cause.
faites devant ce tribunal par les nommés Guillaume Carrière , Guillaume Fournier et la femme Raymonde Saurine. Ces fragments consistent en quatre doubles feuilles de parchemin. Ils ont été publiés par feu M. Belhomme, mais assez incorrectement, dans les Mémoires de la Société Archéologique du midi de la France » (T. VII, 3e livrais., juillet 1850 ), Cf. M. Dulaurier, membre de l'Institut, 4 art. qui ont paru dans le Journal de Toulouse.
Voyez aussi d'autres fragments d'un registre de l'Inquisition de la même ville, intitulé : Liber vite , jadis en la possession de l'abbé Magi et passés postérieurement entre les mains de feu M. Du Mége, qui les a cédés , en 1835 , à la Bibliothèque Nationale, où ils sont aujourd'hui dans le F. L. N<> 9992.
Voyez encore les procédures faites à Albi , copie de 1574, manuscrits de la Bibliothèque Nationale , provenant de Saint-Germain-des-Prés. F. L. F0 12856.
Registre des peines , reproduction photographique d'une ancienne minute des inquisiteurs. Bibliothèque Nationale, F. L. N<> 139.
Manuscrits de la seconde moitié du xme siècle appartenant à la Bibliothèque publique de Toulouse. Ce sont les Confessiones annorum 1245 et 125u , coram fratre Bemardo de Caucio inquisitore. — Il y a encore deux autres documents inédits que M. Schmidt, le premier, a consultés. Ce sont : Quœdam objectiones hxreticorum et responsiones Christianorum ( Doat, xxxvi , f 0 91 ) ; deux sermons, où les Albigeois sont comparés à des renards qui dévastent la vigne du Seigneur. Ibid. f° 314.
C'est donc sur leur témoignage que nous aurons le droit de nous appuyer pour étudier la doctrine albigeoise.
Le lecteur remarquera que cette doctrine se présente avec le même caractère que le Manichéisme primitif; comme lui, elle ne peut pas être comptée au nombre des hérésies chrétiennes ; comme lui, elle forma une philosophie, qui eut le double tort de s'établir en dehors du Christianisme et de se présenter avec la prétention d'être une religion, accommodée quelque peu aux doctrines évangéliques, mais au fond contraire à l'Eglise.
Le résumé que nous allons donner des enseignements des sectaires du Languedoc ne pourra être que rapide. 11 serait, en effet, hors de propos pour nous et ennuyeux pour le lecteur, de suivre pas à pas les auteurs du moyen âge, qui, au reste, se sont quelquefois perdus dans d'inexplicables longueurs (1).
§ Ier — Partie métaphysique et théologique du système.
Les Albigeois raisonnaient sur Dieu à peu près ainsi :
Dieu étant le premier principe, l'Être parfait,
(1) Nous avons adopté les divisions et la marche rationnelle , que M. Schmidt a suivies dans son ouvrage sur les Cathares.