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DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE

hommes à former une association ou Eglise de tous ceux qui accepteraient sa révélation.

Les Albigeois admettaient le Saint-Esprit, mais ils le disaient d'une nature différente de celle du Père et de celle du Fils. Pour eux, le Saint-Esprit était simplement le chef des Anges ; ils l'appelaient r Esprit principal ; ils le croyaient revêtu d'une beauté ineffable, dont la contemplation faisait la joie des Anges.

Ils appelaient encore Saint-Esprit chacun des esprits préposés à la garde des âmes du peuple céleste. Lorsqu'une âme a achevé sa pénitence et a été initiée dans la secte, disaient-ils, l'esprit gardien qui; primitivement, l'avait protégée, se réunit à elle pour la guider et la consoler : cet esprit est XEsprit consolateur ou le Paraclet.

Ces conceptions s'éloignaient totalement de l'Evangile ; elles devaient blesser profondément les fidèles de l'Eglise : c'était sur toute la ligne la négation ou le renversement de 1 , doctrine révélée.

Sur d'autres points, l'opposition et la négation étaient encore plus évidentes. Les sectaires osaient dire que saint Jean-Baptiste avait été un démon du Dieu mauvais , envoyé pour entraver l'œuvre du Christ, en lui opposant le baptême par l'eau. Quelques-uns affirmaient qu'il avait été le mauvais prophète Ehe.

Us considéraient la Sainte - Vierge comme un esprit céleste; car, pour donner passage à un être pur, il avait fallu qu'elle fût étrangère à la matière. Elle n était donc pas née de parents humains. Revêtue d'un corps céleste, elle n'avait pris qu'en apparence le corps d'une femme. Elle n'avait pas été mère de Dieu (1). On trouva un grand nombre d'Albigeois qui disaient : Marie n'est ni un ange, ni une femme, mais une métaphore. Elle symbolyse TEglise manichéenne, qui engendre comme fils de Dieu ceux qu elle reçoit dans son sein. Idée mystique et singulière, qui est attestée par les témoins les plus dignes de foi (2) !

Le but de la mission de Jésus-Christ était donc

(1) Tous les Albigeois s'accordaient à ne pas attribuer à la Sainte-Vierge de pouvoir sur son fils et à ne pas lui rendre de culte. Lib. Conf., f° 204.

(2) Un Albigeois brûlé à Toulouse , en 1310 , disait : « Mariam non esse nec fuisse mulierem carnalem. » Lib. Sent. Inquis. Tolos., 92.

« Mariam negant fuisse mulierem carnalem ; sed sectam suam et ordinem suum dicunt esse Mariam Virginem, veram pœnitentiam castam, et Virginem quae générât filios Dei, quando recipiun ur ad eamdem sectam et ordinem. » Eymericus, Directorium inquisitorum , Romse, 1578, « Beata Virgo et B. Johannes Evangelista descenderunt de cœlo et non erant de ista carne, et Ghristus adduxerat eos in testimonium. » Actes de V Inquisition de Carcassonne, 1247. — Cf. Inventaire des arch. de Vlnquisit. de Carcass., par M. Germain. — Une consultation inquisitoriale au xive siècle, par le même.

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