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DEUXIÈME PAHTIE. CHAPITRE II

prétait ensuite. Puis, les Croyants joignaient les mains, fléchissaient le genou, et, s'inclinant trois fois, disaient tous ensemble : « Bénissez-nous. » Le ministre et les Parfaits répondaient : « Que Dieu vous bénisse. » On récitait alors Y Oraison dominicale. Quand cette prière était achevée , le ministre disait : « Adorons le Père, le Fils et le Saint-Esprit. » Et la cérémonie était terminée.

Nous avons parlé du Consolamentum. 11 donnait lieu à une cérémonie très-solennelle, qui était toujours faite par deux ministres. Pour recevoir le Consolamentum, il fallait d'abord ne pas être en état de péché mortel ; laprière et l'abstinence en étaient la préparation immédiate et nécessaire . le récipiendaire ne devait rien manger pendant les trois jours qui précédaient la cérémonie.

A l'heure convenue, il était introduit auprès de ses frères qui le recevaient dans le plus profond silence. De nombreux flambeaux étaient allumés; au milieu de la salle, on voyait la table portant le Nouveau Testament. Avant de commencer la cérémonie, tous se lavaient les mains ; ensuite ils se plaçaient en cercle. Le ministre alors, tenant le livre des Évangiles, intruisait le récipiendaire sur les doctrines de la secte, et lui disait avec quelle austérité il devrait vivre désormais. Enfin, il l'exhortait à se séparer de l'Église de Rome. En finissant, il l'interrogeait : « Frère, veux-tu te rendre

à notre foi ? » Le frère répondait : « Oui » , et demandait à Dieu de le délivrer du serment conjugal. Alors il se mettait à genoux, et par trois fois, en s'avançant à mesure, il disait : « Bénissez-moi. » Le ministre répondait : « Que Dieu te bénisse. » Aussitôt se faisait la promesse solennelle. « Je promets, disait le nouveau frère, de me rendre à Dieu et à son Evangile, de ne jamais toucher à une femme , de ne tuer aucun animal , et de ne manger ni viande, ni œufs, ni laitage. » Il répétait encore par trois fois : «Bénissez-moi. » Le ministre lui présentait l'Évangile à baiser, qu'il mettait ensuite sur sa tête ; enfin il lui imposait les mains, pendant que les assistants récitaient Y Oraison dominicale. On terminait par la récitation des dix-sept premiers chapitres de saint Jean.

Le frère Consolé recevait un cordon de lin ; il devait s'en ceindre les reins: c'était son vêtement. Le ministre le baisait alors deux fois sur la bouche ; ce baiser était transmis à tous les assistants. Si le Consolé était une femme, le ministre lui donnait le baiser de paix, en lui imposant l'Évangile sur l'épaule et enlui touchant le coude avec son coude. Le Consolé devait se retirer quarante jours dans le désert, pour y jeûner au pain et à l'eau.

La cérémonie du Consolamentum était plus simple auprès des malades. Elle consistait uniquement dans l'imposition des mains et de l'Êvan-

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