DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE II
gile. 11 fallait toutefois que le malade ne fût pas dans l'impossibilité déparier.
Cette cérémonie du Consolamentum correspondait au baptême chrétien, d après les Albigeois, avec cette différence que chez eux l'adulte seul était admis à le recevoir. La bénédiction ou la fraction du pain correspondait à l'Eucharistie (1). Enfin, ils avaient une confession publique et solennelle qui concernait seulement les Croyants et les Parfaits. Le Croyant se présentait devant l'assemblée des Parfaits et des Fidèles ; il se mettait à genoux, et s adressant au ministre qui tenait le livre des Évangiles, il disait : « Je viens devant Dieu et devant vous me déclarer coupable et faire la confession de tous les péchés que j'ai pu commettre et du mal qui est en moi , afin de rece-
(1) Le plus ancien des Parfaits prononçait sur les convives la bénédiction Benedicat vos Deus , et récitait. V Oraison dominicale. Il bénissait ensuite le pain, et, après l'avoir rompu , le distribuait à chacun des convives , en disant : Que la grâce de Dieu soit avec toi. Il bénissait aussi le vin et tous les mets qui étaient successivement servis. Ce pain était fait de froment , de seigle ou d'avoine. M. Dulaurier, citant Doat., t. xxv, f° 209, 210.
Ils rejetaient la présence réelle : « Hostia sacra non est corpus Christi » (f° 1). « Quod hostia sacrata super altare non est corpus Christi » (f°10). « Quod Eucharistia non est corpus Christi » (f° 51), dans le Liber confessionum.
« Quod Capellani faciunt plures deos de pasta, et postea camedunt eos ». Lïb. Sentent, p. 132.
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voir le pardon de Dieu par vous. » Le ministre mettait l'Évangile sur sa tête ; tous les assistants lui imposaient les mains, récitaient le Pater et prononçaient son absolution.
Pour les péchés graves, chacun devait les avouer individuellement ; pour les autres, un seul Parfait se confessait au nom de tous.
Cette cérémonie se reproduisait environ une fois par mois : elle portait le nom Appareillamentum (1).
(1) M. Dulaurier apprécie ainsi Y Appareillamentum : î Un autre rite cathare , dit-il, dont il est fait très-souvent mention, esiY Appennelhamentum servitium. M. Schmidt pensé que l'on entendait par l'un ou l'autre de ces deux termes , une sorte de confession que les Parfaits pratiquaient entre eux. Ils se confessaient, nous dit-il, en s'appareillant ensemble , c'est-à-dire ils se disposaient à une observation plus stricte de la vie parfaite ; mais les textes où se rencontrent les deux mots précités ne les accompagnent d'aucune explication et celle de l'auteur de Y Histoire des Cathares n'est guère intelligible. En s'en tenant au sens étymologique du mot Appennelhamentum, dérivé du verbe roman-provençal Apparelhar a apparier, associer » , on pourrait croire qu'il symbolise l'association soi rituelle de deux Parfaits , pour l'accomplissement des fonctions du ministère cathare. La règle voulait en effet qif ils fussent deux , marchant , agissant toujours ensemble . inséparables dans leur vie de souffrance et de travail. U Appennelhamentum était peut-être encore l'office religieux qui consacrait cette union. Cette cérémonie était renouvelée chaque mois , de même in mensem ; elle commençait par la bénédiction et finissait par le baiser de