DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE II
Les Albigeois n'avaient pas seulement les cérémonies dont nous venons de parler ; ils célébraient encore trois grandes fêtes : Noël, Pâques, la Pentecôte. Noël rappelait la venue de Jésus-Christ dans le monde mauvais ; Pâques, son triomphe sur le prince de ce monde ; la Pentecôte, la fondation de l'Eglise dualiste. Mais ils ne pratiquaient pas le repos du septième jour, car ils n'admettaient pas les sept jours de la Création.
L'année se divisait pour eux en trois temps sacrés : le premier commençait à Saint - Brice (23 novembre) et finissait àla Noël (25 décembre); le second s'étendait depuis le premier dimanche du Carême jusqu'à Pâques ; le troisième, depuis la Pentecôte jusqu'au 29e jour du mois de juin. Pendant ces temps sacrés ils observaient les jeûnes en usage dans l'Eglise orientale.
Eckbert ajoute qu'ils célébraient en automne une fête nommée Malilosa. 11 croit qu'elle avait pour objet le martyre de Manès, et qu'elle était la même que la fête de Béma des Manichéens (1).
paix ou d'adieu ; parfois elle avait lieu à la suite d'un Consolamentum. Mais quels qu'aient été le caractère et l'objet de Y Appennelhamentum , il n'en est pas moins certain que les Cathares avaient l'usage de la confession privée, qu'ils appelaient Melioramentum. Lib. Sent., p. 192 et 263.
(1) Gieseler affirme que toutes les sectes Manichéennes avaient une grande vénération pour leur père commun,
Toutes ces diverses cérémonies du culte albigeois supposent une organisation ecclésiastique. Elle existait, en effet, chez eux comme chez les premiers Manichéens, et nous enconnaissons tous les éléments. Le principe fondamental de leur sacerdoce était celui-ci : pour exercer le ministère, il faut être absolument pur, car celui qui ne possède pas la sainteté parfaite ne peut pas communiquer l'Esprit. La conséquence de ce principe était double : la première , que les prêtres catholiques ne devaient pas être regardés comme les vrais ministres, car leurs sacrements demeuraient sans effet, ainsi que leurs bénédictions ; la seconde, que le choix des ministres ne pouvait se porter que sur les Parfaits, qui jouissaient d'une êminente sainteté.
Pour l'organisation de son sacerdoce, l'Eglise albigeoise, qui s'éloignait si profondément delà doctrine chrétienne par ses principes métaphysiques, voulut se rattacher à l'Eglise chrétienne primitive. Elle n'admit que deux ordres : YEpiscopat et le Diaconat. L'évêque tenait le premier rang ; deux ministres, appelés l'un le Fils majeur, l'autre le
Manès. Lehrbuch der Kirchengeschichte. Bonn., 4844, — Cf. du même auteur : Untersuchungen ùber die Geschichte der Paulicianer, dans les Theologische Studien und Kritiken, Hambourg, 1829. Liv. i. — Ueber der Bualismus der Slaven, Hambourg, 4837.