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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITKK IL

Fils mineur, lui étaient attachés. Leurs fonctions consistaient à le remplacer, si cela était nécessaire.

Après la mort de l'évêque, le Fils mineur consacrait évêque le Fils majeur, en posant sur sa tête le Nouveau Testament ouvert Lui-même devenait Fils majeur-, l'assemblée élisait le nouveau Fils mineur. Quelquefois l'évêque avait, avant de mourir, consacré son Fils majeur.

11 y avait des parents qui, de bonne heure, destinaient leur fils à ce ministère. Ils nourrissaient donc le nouveau-né de lait d amandes et plus tard de végétaux : c'est ainsi qu'il était préservé de tout contact avec la chair. D autres fois le choix n'était déterminé que quand l'enfant avait déjà dix ou onze ans.

La communauté universelle était donc divisée en églises particulières ou évêchés. Chaque bourg, ville ou autre localité avait à sa tête un diacre. Quand après la guerre, c'est-à-dire dans le premier quart du xnie siècle, les diacres manquèrent, ils furent remplacés par les Anciani, les Anciens.

A côté des ministres spirituels, il y avait encore les Procuratores et les Nuntii. Les fonctions des premiers consistaient à recueillir les aumônes , les dons des fidèles et les legs faits par les mourants, à gérer la caisse, à faire passer des secours aux proscrits et aux exilés volontaires. Les Nuntii

avaient pour mission de guider et de protéger les fugitifs. Il y avait presque partout de ces Procuratores et de ces Nuntii (1).

C'est un sujet de controverse de savoir si les Albigeois, et en général les dualistes d'Italie et d'Allemagne, reconnaissaient à leur tête un chef suprême : nous lavons déjà dit dans le chapitre précédent. Eckbert et Belleville sont pour l'affirmative. Le premier, après avoir dit que Manès se choisit, à l'exemple de Jésus -Christ, douze disciples, ajoute que les Cathares faisaient de même; qu'ils avaient à leur tête un chef suprême et un conseil de douze membres , lesquels ordonnaient les soixante-douze êvêques.

Au xiie siècle, Evervin (2) et l'italien Joachim de Flore (3) affirmèrent de même que les nêo- Manichéens avaient un pape, c'est-à-dire un chef unique auxquels ils obéissaient. A la réunion de Saint-Félix de Caraman, en effet, l'êvêque de Constantinople fit prévaloir son avis ; et au xme siècle , un légat du Saint-Siège en France parlait , dans une lettre au Pontife romain, d'un chef de la secte résidant en Bulgarie et ayant un vicaire dans le Languedoc.

(4) Lib. Confes., fo 19.

(2) Evervini epistola ad S. Bernardum, ap. Mabillon. Vêlera analecta , t. m.

(3) Expositio in Apocalypsim.

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