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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE III. 2"ï

entrés, ces ambitieux ne font rien pour se rendre dignes du sacerdoce. En tout ils veulent commander, et en rien se rendre utiles (1).

Les pensées que donne l'ambition et que le désir des richesses entretient et nourrit dans le cœur étaient communes. Ce serait une erreur de croire que la simonie constituât quelques cas particuliers et fût l'état de quelques évêques ou de quelques abbés plus légers : un grand nombre avaient trempé dans le crime. Ce mal , auquel il faut ajouter l'incontinence , devint si profond , que le génie, pourtant si austère et si puissant de Grégoire VII , ne parvint pas à le conjurer totalement. La lutte dura un siècle encore , pendant lequel les Papes et les conciles ne cessèrent point de formuler des décrets contre cet ennemi cent fois plus terrible que l'hérésie la mieux organisée.

Les moines eux-mêmes étaient déchus de leur état primitif. La plupart d'entre eux gardaient des sommes dargent, disant que, ne recevant rien du monastère, il leur fallait une ressource pour vivre. Dans ce but, ils se livraient à des courses continuelles , pour lesquelles ils recherchaient le luxe et les commodités de la vie, et dans lesquelles ils perdaient l'application à la prière, à la lecture,

(1) Epist. ii, ad Gre^orium vi.

à la psalmodie , et ne trouvaient que le relâchement, la dissipation et l'intempérance (1).

Cette vie facile des moines n'était, pour ainsi dire, que l'image de celle des prêtres séculiers. Le cloître protège ; et d'ordinaire, ce n'est pas dans ces murs fermés que commence la décadence de la vie sacerdotale. Au reste, les prêtres séculiers, placés au milieu de dangers plus séduisants, obligés aux devoirs si graves du ministère extérieur, peu maîtres de leur temps, qu'ils doivent tout entier aux fidèles, sont, pour toutes ces raisons, souvent en retard sur la science et la sainteté des moines. Au xie siècle, le mal commença par affaiblir les premiers, puis il s'attaqua aux seconds. La moindre des conséquences de ce désordre fut la perte d'un temps précieux, la paresse et la négligence à avancer dans la science sacrée (2) ; car, si la prière est le premier et essentiel devoir du moine, l'étude unie à la prière constitue, après le zèle, l'obligation principale du prêtre séculier.

Cependant n'exagérons rien : quelques esprits brillent d'un éclat mérité et se détachent sur ce ciel obscur : c'est Hildebrand , qui devint Grégoire Vil ; Otton, qui fut Urbain VII ; Rainier qui, sur le trône pontifical , prit le nom de Pascal II :

(1) Pet. Dam.? Opusc, xxix, xlviii et xlix.

(2) Cf. Opusc. xvii.

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