DEUXIÈME PAKTIE. CHAPITRE III
Gérard, évêque d'Ostie, et tant d'autres , à la fois zélés pour la discipline et pour les lettres ; car on eût pu dire d'un très-grand nombre, quoique avec moins de raison, mais avec quelque vérité , ce que Baudri , abbé de Bourgueil , disait du savant Odon :
« Ditat te littera dives , Et vatum musas deliciosus amas ; Si cantare velis, cantas modulamine dulci.
Os oratorum modo vivis Tullius alter ; Gallidus in verbis vivis Aristoteles . . . . x> (1).
Les conséquences naturelles d'un bien si restreint et d'un désordre si général furent non-seulement des révoltes répétées, comme on le vit à Milan, mais encore le mépris du corps sacerdotal tout entier.
Toutes les entrées de la place étaient ainsi ouvertes à l'ennemi ; l'hérésie manichéenne pouvait donc envahir un terrain absolument libre de l'Orient à l'Occident . Ajoutez à cela les négations de Bérenger, qui agitaient le monde ; les troubles qui, par intervalles, éclataient en Pologne, en Angleterre et en Italie ; les attaques parties en Orient de la plume de l'audacieux Michel Cérulaire contre l'Eglise romaine; considérez que les Papes, en commençant par Léon IX , furent occupés, pour ainsi dire, à une seule affaire : l'investiture avec
(1) Duchesn, t. iv, 275-278.
son cortège assuré, la simonie et l'incontinence : et vous comprendrez quelle facilité vraiment surprenante Thérésie rencontra partout.
Enfin, alors que la paix et le calme furent un peu revenus à l'intérieur, Urbain II, s'inspirant des graves intérêts qui s'agitaient en Orient, annonça la croisade (1095). Pierre l'Ermite la prêcha en apôtre, et le monde catholique ne sembla plus avoir tourné son regard que du côté du Saint Sépulcre,
Mais il est certain que l'éloignement des princes et des seigneurs les plus chrétiens pendant ces guerres si brillantes et si glorieuses, donna une plus grande liberté aux peuples et à une erreur qui cherchait à les dévorer ; car, sans doute, on pouvait répéter de plusieurs ce que l'on avait dit, un siècle auparavant , d'un abbé de Castres retenu loin de son monastère par de trop fréquents pèlerinages :
« Dum Loca SanctapetitGerebardusnoster, obortum est Rupto inter fratres fœdere dissidium.
Sedari potuit monitu discordia nullo, Abbatis reditus pacis origo fuit. » (1)
11 est certain aussi que le contact et le mélange des hommes de l'Occident et de ceux de l'Orient, favorisa le développement de la foi dualiste dans
(1) Spicil.^t. 1, p. 342. Cité par YHistoire littéraire de la France.