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DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE lit

Daniel travailla sur les Psaumes; Arnoul, de l'abbaye de Saint- André d'Avignon, laissa des travaux sur l'astronomie, sur l'histoire générale et la vie des Saints; Domnus fut la gloire de l'abbaye de Mont-Majour, près d'Arles (1007 .

Cependant ne grandissons pas la Provence outre mesure. Nous pouvons reconnaître , sans rien changer à nos conclusions , que le Languedoc eut, lui aussi , ses ècolâtres ou Cajpiscoles. Il fit un grand effort pour atteindre ses voisins, les Provençaux au beau langage. Ainsi Godefroi. évêque de Maguelone , se mit lui-même à enseigner (1), et Frotard, par ses vertus, ses talents, ses missions, son enseignement , donna à la petite ville de Saint-Pons de Thomières une gloire qu'elle n'avait peut-être jamais espéré avoir. De son école sortirent des hommes remarqués alors : Pierre, évêque de Pampelune ; Bérenger. fils d'Aimeric IV, comte de Narbonne, abbé de la Grasse; Ponce, qui le fut de Cluny, après le célèbre saint Hugues ; Ramire, fils de Sanche, roi d'Aragon, qui y avait été envoyé par son père, et qui régna après Alphonse, son frère (2) ; Hunauld. dont les auteurs du temps célébrèrent l'éloquence, forma à Moissac l'abbé Benoît, et Gérauld, s'étant fait une grande réputation de science, fut

(1) Gall. Christ., t. vi, p. 133. 176.

(2) MabilSon , An., passim.

élevé sur le siège archiépiscopal de Brague , en Espagne. Nous sommes loin de méconnaître toutes ces gloires, propres au Languedoc ; mais nous croyons encore que, dans l'ensemble, le Languedoc resta inférieur aux pays du nord et à la Provence. C'est ce qui explique certains traits de violence qui se produisirent parmi ses populations moins policées.

Aux causes particulières de désordre que nous venons d'énoncer, nous devons ajouter une ignorance ancienne, dont le pays ne tendait qu'avec peine à se dépouiller et dont les Albigeois surent habilement profiter. N'oublions pas, au reste, combien le tempérament vif, impétueux et emporté, propre aux populations brûlées par l'ardent soleil du midi, rend faciles pour elles les excès et les écarts. Dans les régions méridionales, l'homme est tout bon ou tout mauvais; le calme, la mesure, la modération y constituent toujours l'exception dans l'un et dans l'autre camp. C'est de part et d'autre la même impétuosité, la même ardeur, et quelquefois une précipitation inconsidérée. L'histoire d'aujourd'hui est l'histoire d'hier ; l'histoire du xixe siècle, celle du xne. C'est qu'en effet, si les peuples peuvent donner à leurs idées, à leurs constitutions, à leurs mœurs une direction différente avec les différents âges, leur caractère ne change pas. Nul historien, nul moraliste, nul philosophe

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