‹ Les AlbigeoisChapitre 15 sur 313 · PREMIERE PARTIE. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. CHAPITRE I

lait-ce que ce corps réel, mais céleste? Le système était en défaut. Ce fut cependant ce dernier sentiment que Bardesane adopta. Comme il estimait, que la matière était essentiellement mauvaise, il ne donnait pas à Jésus-Christ un corps semblable au nôtre; mais comme il était impossible de nier la venue de Jésus-Christ sur la terre, il lui reconnaissait un véritable corps.

Il ne reste des écrits de Bardesane que quelques fragments conservés par Eusèbe (1), par Porphyre (2; et par saint Jérôme (3). Il avait composé en langue syriaque [-4] cent cinquante psaumes, à l'imitation des psaumes de David. 11 les destinait à ses disciples . et. de fait, ils contribuèrent pour une grande part à la diffusion de ses erreurs. Harmonius, son fils. qui. dit-on, avait quelque talent, composa de même des poésies, sous forme de cantiques qu'il répandit 5 . 11 est curieux de comparer les efforts que l'erreur a faits de tout temps

(1) Hist. lib. vi. cap. 30.

Abstinentia , lib. iv.

(3) Lib. injovin. cap. 9.

(4) Assemani. Bîbl. orient.

\b) Voir sur Bardesane et son tîls : Hiero.. lib. u. in Jovin. cap. 29. — Euseb. Prœp. Evan. . lib. VI, cap. 9. — Epiph Eœres. 56. — Auu. Hceres. 35. — Euseb. Hist. lib. vi. c. 50. — Theod. DicUog. "2. — Orig. cont. Marc. — Prœdestinatus . cap. 35. — Theod. Hœrr't Fàbul., lib. i. c. 22. — Sozom. lib. m, cap. 46.

pour pénétrer dans le cœur de l'homme par le charme du chant. La fable de la Sirène, imaginée par les anciens, a son fondement, non pas dans leur imagination féconde, mais dans la nature même de l'homme, si facile à la séduction. Valentin s'était servi du chant ; Bardesane s'en servit, à son tour, comme d'une puissance irrésistible ; de même, plus tard, s'en serviront Arius, Paul de Samosate, Manès, et au xne siècle, en France, les Albigeois , comme le font encore aujourd'hui les fils de la Révolution.

L'histoire de Marcion et de son erreur n'est pas moins instructive (1).

Saint Èpiphane (2) affirme qu'il était de l'Hellénopont. Chrétien d'abord , il serait sorti de l'Eglise, suivant la Chronique d'Edesse, vers l'année 138 (3). Ayant commis une mauvaise action, il fut chassé par son père, sans espoir d'obtenir de lui le pardon. Cependant, par une conduite bizarre, il donna dans l'hérésie naissante des Encratites, d'après lesquels le mariage n'était qu'une conjonc-

(1) Cf. Hieron in Amos proph. , cap. 3; in J once proph., cap. 6; in Eccl., c. 8. — Justin., Apologia i, n. 26. — Tertul. adv. Marcion. et de Carne Christi. — Clem. Alex., Strom. vu, 17. — Dialogus de recta fide cont. Marcion. f inter opéra Origenis !. — A. Hahn , de Gnosis Marcionis antinomia , Kœnigsb., 1820-1821.

(2) Hœres., xlii.

(3) Asseman. Bibl. orient., tom. £.

Page 1