‹ Les AlbigeoisChapitre 153 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE IV

Cette doctrine historique (1) a été réfutée par André Charvaze (2). Nous lui avons nous-mêrne répondu par les considérations développées dans la première partie cet ouvrage. Mais demandons-nous simplement en quelle année les Vaudois ont paru: de toutes les questions c'est la plus importante.

Vaudois des vallées du Piémont; Paris, 1835. — Flathius, Geschichte der Vorlaùfer der Reformation ; Leipzig , 1835. — D'Aigrefeuille (Histoire de Montpellier; Montpellier , Jean Martel , 1727 ) croit que les Albigeois tirent leur origine des Vaudois. «Les Albigeois, dit-il, commencèrent à paraître dans le Languedoc vers la fin du xiie siècle , quelques années après que les Vaudois eurent publié leurs erreurs en Dauphiné en 1160. On dit qu'un d'eux, nommé Olivier, vint les répandre dans notre province, où le peuple, qui en fut bientôt infecté, ajouta plusieurs autres erreurs à celles des Vaudois. » Liv. iv, chap. H, n. 4.

(1) Gariel, avant D'Aigrefeuille , avait pensé que les Albigeois venaient des Vaudois. Il dit : « Hcec seu Valdensium a Valdone Lugdunensi pestiferi fœtus parente peu Albigensium sectâ, quod in eo solo mirifice propagata fuerit ex Arianorum et Manichseorum faecibus compacta. » (ISeries Prœsul. Magal. et Montisp., Tolos., 1665. — Guillelmus secundus, p. 263).

Cependant plus bas (p. 270), Gariel semble séparer les Albigeois des Vaudois. Il dit : «Hinc videas quam vere a multis animadversum sit, tetrius has Galviniana et Lutherana peste afflatasin Gallia civitates fuisse, quae a funesta Valdensium et Albigensium contagio puriores extiterant.»

(2) Recherches historiques sur les véritables origines des Vaudois et sur le caractère de leurs doctrines primitives, 1839.

Charvaze rapporte le témoignage des auteurs du xiie siècle. Ils affirment que les Vaudois ont paru vers 1180. Ce sont : Bernard, abbé de Foncaud (1), Pierre de Vaux-Cernay, Étienne Belleville, Moneta, l'abbé Conrad, Rainerius Sachonius, Pierre de Pilichdorf (2). Qu'il nous suffise de donner la pensée de Belleville, telle que le savant Charvaze l'a comprise.

D'après Belleville , 1° les Vaudois ont été appelés de ce nom, du nom même de leur maître Waldensis ou Waldus. On les appela quelquefois Pauvres de Lyon , parce qu'ils faisaient une profession particulière de pauvreté (3).

(1) Traité contre les Vaudois, fin du xnc siècle.

(2) Bibl. PP., tome 26.

(3) Il est évident que l'esprit de Dieu était absolument éloigné des pensées et des sentiments de ces sectaires. Mais il faut reconnaître que la pratique de la pauvreté , si aimée du Maître, était depuis longtemps méconnue. Il était réservé au séraphique saint François de la faire revivre quelques années plus tard. Nous donnons ici la pensée d'un chroniqueur du commencement du xme siècle, Conrad de Licthenau , abbé d'Ursperg , en Bavière , sur la fondation des Franciscains et celle des Dominicains. On lira avec intérêt ce document:

« Exortae sunt dua? religiones in Ecclesia, cujus ut aquilse renovatur juventus , qua? etiam a sede apostolica surit confirmata, videlicet Minorum Fratum et Prœdicatorum. Quse forte hac occasione sunt approbatae, quia olim duse sectae in Italia exortae adhuc perdurant , quorum alii Humiliatos , alii Pauperes de Lugduno se nominabant :

Page 1