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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE IV

dans toutes les familles. Compromise parla guerre dont nous avons parlé, elle fut reprise peu à peu dans les siècles suivants , et Papon pouvait écrire en 1780 , dans son Voyage littéraire de Provence : « A côté des endroits les plus affreux, on voit quelquefois des vallées et des plaines d'une petite étendue, couvertes de vignes, d'amandiers, d'oliviers » (1).

Dans notre siècle, plus peut-être que jamais, elle a développé l'aisance, le bien-être, la fortune. Actuellement elle est compromise. Plaise à Dieu, qu'après avoir été favorisés et coupables comme nos pères du xne siècle, repris plus doucement par sa providence, nous revenions aux moeurs austères de leurs fils, mieux avisés, du xme !

La richesse engendra un luxe effréné qui s'afficha avec le vice. Le luxe, c'est-à-dire une exubérance de richesse dans le vêtement , surtout des femmes, l'éclat extérieur de la vie, l'exagération dans l'ameublement, les splendeurs éblouissantes de toute sorte qui séduisent l'œil de l'homme, peut se produire ou dans une classe de la société, ou dans un petit nombre d'individus d'une même condition, ou dans plusieurs classes de la société, enfin dans la société tout entière. 11 peut se produire encore dans une circonstance : comme une

(1) Page 83 ; Paris , Barrois.

fête de famille, une fête de la cité, ou bien tous les jours, quoique à des degrés divers. Les éléments d'une saine appréciation ne sont donc pas aussi simples qu'ils le paraissent au premier abord (1). Toutefois reconnaissons que les riches costumes des nobles châtelaines du xne siècle, où brillaient à la fois les étoffes les plus fines, l'or et les pierreries, étaient un mauvais exemple pour le peuple, surtout quand, devenu riche, il lui fut possible de le suivre. Nesont-ce pas les faits dont nous avons été les témoins attristés pendant les trente premières années de notre vie? Comme au xiie siècle, le midi a vu se développer une prospérité inouïe. Aussitôt le luxe a envahi toutes les classes, surtout la classe inférieure : luxe dans les vêtements, luxe dans les habitations, luxe dans l'ameublement, luxe partout, même dans les campagnes et les plus simples hameaux ; l'affaiblissement du caractère, la mollesse de la vie, la paresse, l'oubli de toute réserve et de toute modestie ont été les fruits les meilleurs de cette plante séductrice. Or, c'est le même peuple avec les mêmes ardeurs, les mêmes qualités, les mêmes défauts : vif, impressionnable, emporté, vivant sur les promenades et les places publiques, sous un ciel également chaud et pur. L'état de notre société pendant ces der-

(1) Histoire du luxe privé et public , par H. Baudrillart, t. i, liv. i; Paris, 1878.

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