‹ Les AlbigeoisChapitre 176 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE V

étaient venus à vous pour vous dévorer, ont été convaincus de fourberie ; les renards qui dévastaient la vigne du Seigneur, votre propre cité, ont été surpris, mais non pas encore pris. Aussi je vous exhorte à les saisir, à vous emparer deux, et à ne vous dèsisterque quand ils auront disparu. Je vous renouvelle le conseil que je vous donnais quand j étais au milieu de vous : Ne recevez aucun prédicateur étranger ou inconnu ; écoutez seulement ceux qui vous sont envoyés par le Pontife suprême ou par votre évêque; car, comment prêcher , quand on n'en a pas reçu la mission » ( 1 )?

L'hérésie cependant ne cessait de menacer la malheureuse ville de Toulouse; car, si un moment elle s'était vue arrêtée dans ses progrès , elle ne se désistait pas de son entreprise. 11 est à croire que tout danger eût été conjuré , si l'aBbé de Clairvaux eût pu rester plus longtemps dans le pays et continuer sa mission. Mais son âge et ses infirmités, surtout la règle de son ordre , le contraignirent de rentrer à Clairvaux. Pour comble de malheur , la légation qui avait été suivie de la mission de saint Bernard, finit elle-même avec la mort du cardinal Albéric , qui arriva cette année même (1147). Le cardinal laissait après lui une honorable réputation de science et de vertu ;

(1) Epist. ccxlii.

mais le souvenir que laissent les hommes, même les plus méritants , ne remplacera jamais leur présence et leurs actions personnelles. En apprenant la mort du légat , l'hérésie éprouva le sentiment d'une joie profonde: les sectaires crurent que l'obstacle à la propagation de leur doctrine était levé.

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