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DEUXIÈME PARTIE. — CUAPITKE VI

L'Eglise entrait donc dans la voie de la répression, non-seulement spirituelle, mais temporelle. Bien des siècles auparavant, nous lavons vu, les empereurs avaient appliqué les mesures les plus sévères à ces ennemis de l'empire. L'impératrice Théodora n'avait pas hésité à faire périr plus de cent mille Pauliciens (1). Le Concile de Tours se montra donc, j allais dire, excessivement modéré. La justice populaire avait, au reste, devancé celle des évêques. Il est curieux et piquant de voir que les populations du Nord, au lieu de se récrier contre les décrets du concile , comme le feront peut-être des rationalistes de nos jours, redoutaient ce qu'ils appelaient la faiblesse du clergé (2) (clericalem verens rnoll itiem ) .

L'action du Concile de Tours ne fut pas cependant aussi grande qu'il était permis de l'espérer. Cette assemblée avait eu une importance marquée relativement aux affaires d'Alexandre 111 ; mais les Albigeois apprirent avec un cœur tranquille ses solennelles décisions : ils se sentaient hors de l'atteinte des évêques. L'état général des esprits du Midi paralysait encore la volonté des pasteurs.

(1) Blanc, Hist., Lec. xcix.

(L2) Guib. de Nogent, De vitâ sud , lib. m, cap. 17, ap. Aligne, t. clvi, p. 953. — Cf. Lettre cTEversin à saint Bernard, ibid., t. clxxxiï. — Observât, aux peuples, ap. Humbert de Romans, B. PP., t. xxv.

Toutefois, ils ne cessèrent pas un instant de veiller à la garde du troupeau pour le protéger contre les loups ravisseurs. Alexandre III n'avait pas encore quitté la France, quand, sur l'invitation de Gérald, êvêque d'Albi , un concile se réunit à Lombers (1165).

La ville de Lombers, située à une petite distance d'Albi , en état de soutenir non-seulement une attaque mais un siège, était peu àpeu devenue le centre de l'hérésie. La plupart de ses habitants s'étaient déclarés pour la doctrine de Manès. Sicard Cellerier, évêque de la secte à Albi , le docteur Olivier, qui jouissait auprès des néo- Manichéens d'un grand renom de zèle, avaient fixé leur demeure à Lombers. C'est de ce point important qu'eux et leurs disciples rayonnaient dans tous les pays environnants. C'est aussi dans cette même ville que l'évêque catholique d'Albi , dont les brebis étaient plusparticulièrement menacées, et pour obéir aux désirs d'Alexandre III , d'après lequel l'hérésie devait être combattue surtout dans les pays où elle était plus active, voulut la démasquer. Plusieurs évêques furent présents à ce concile. Nommons, comme nous intéressant davantage , l'archevêque de Narbonne , les évêques de Toulouse , d'Agde , de Lodève et de Nimes. 11 y eut plusieurs abbés, ceux de Castres, d'Ardurelle, de Candille, Ernaud, prêtre distingué

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