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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE VI

de Narbonne. Parmi les laïques, Trencavel , vicomte de Béziers , Constance , comtesse de Toulouse, Sicard , vicomte de Lautrec, les notables d'Albi et de Lombers assistèrent à cette assemblée, qui par son caractère de concile local semblait destinée à agir plus efficacement contre l'hérésie Le pape, par condescendance pour les égarés, permit qu'une discussion publique eût lieu en plein concile. Un tribunal d'arbitres fut donc constitué et composé déjuges «pris en égal nombre dans l'une et clans l'autre partie » en présence : on devait se soumettre à leur décision. Les arbitres choisis par les catholiques furent . Gaucelin , évêquede Lodève, Roger, abbé de Castres, Pierre, abbé d'Ardurelle, Ernaud, prêtre de Narbonne, et l'abbé de Candille.

Le lecteur ne manquera pas de remarquer ici la conduite de l'Eglise. Elle épuise les moyens de persuasion. Saint Bernard était déjà venu prêcher et avait offert à ces populations coupables l'exemple toujours entraînant de la sainteté : maintenant c'était la discussion publique, moyen qui peut-être n'a jamais converti personne , mais destiné du moins à mettre sensiblement en évidence les erreurs des sectaires et à préserver ceux qu'elles n'avaient pas encore gagnés.

Ainsi fait l'Eglise. Parce qu'elle est d'abord une puissance spirituelle, elle commence par s'adresser

directement aux âmes : ses premières armes sont la prière, la parole, l'appel à la conscience, la persuasion. Au moyen âge, elle ne manqua pas , quoi qu'on ait prétendu , à cette divine mission. Quoique investie de la puissance temporelle, dont elle pouvait disposer par l'accord unanime, mais tacite, des peuples , elle temporisa toujours avant rie Taire un appel direct au bras séculier : c'est le spectacle que nous offre le Concile de Lombers.

Gaucelin, évêque de Lodève, fut chargé par l'êvêque d'Albi , de poser aux prétendus réformateurs les questions sur lesquelles la discussion devait s'engager.

Gaucelin était, en effet, l'homme le plus en état de confondre les sectaires. Il était sorti, à la vérité, d'une modeste famille de Montpeyroux, mais il avait été élevé dans les principes de la foi, et de bonne heure il avait quitté la maison paternelle pour aller se mettre sous la direction de l'abbé d'Aniane. C'est auprès de lui, dans ce monastère autrefois habité et illustré par saint Benoît, qu'il s'était formé à la vie monastique et à la science de l'Écriture, de la Tradition et de la théologie. 11 acquit bientôt la réputation bien méritée d'homme versé dans la connaissance de toutes les questions qui passionnaient l'École. Mais, dans le cours de ses études, il avait plus particulièrement travaillé

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