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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE VI

à démêler le chaos encore confus pour un grand nombre d'esprits des idées nouvelles qui sévissaient dans le Midi. C'est le propre des hommes vraiment appliqués et attentifs de combiner 1 étude du passé et l'étude du présent. Sans doute , dans tous les temps, il sera nécessaire de connaître d'abord le passé , qui donne si bien l'intelligence du siècle au milieu duquel la Providence place chacun de nous ; il faudra toujours se familiariser avec les premiers siècles, avec l'histoire des premiers conciles , avec les ouvrages des Pères ; car les deux sources de la science sacrée : l'Ecriture et la Tradition, remontent aux origines ellesmêmes du christianisme. Mais bien insensé serait celui qui se laisserait exclusivement gagner par l'intérêt de leur étude si attachante, et qui , sous le plausible prétexte que l'erreur sera toujours enfermée dans un cercle étroit et qu'il suffit d'être familier avec les erreurs qui ont affligé le monde, ignorerait celles dont ses contemporains sont imbus ou menacés. C'est une faute dans laquelle Gaucelin ne tomba pas : il comprit de bonite heure quelle application il pouvait faire de la connaissance du passé à son siècle , aux hommes , aux institutions, aux erreurs de son temps. Aussi, en 1162, il fut choisi directement par le pape Alexandre 111 pour occuper le siège de Lodève. Moine, il avait été homme de prière et d'étude;

évêqne, il devint homme d'action. Les deux premières années de son épiscopat furent signalées par un zèle à la fois intelligent et actif contre les hérétiques. 11 était donc comme naturellement désigné pour soutenir la discussion qui allait s'engager .

Sur l'invitation de 1 évêque cVAlbi et de ses assesseurs réunis à Lombers ( 1 ) , Gaucelin interrogea

(1) Nous avons les Actes du Concile de Lombers dans toute leur étendue. Binius les avait publiés d'après Roger de Hoveden ( Hist. d'Anglet. ) Mais Roger, dans son Histoire oV Angleterre , loin de donner les actes complets du concile , en avait fait simplement un résumé. Sirmond le premier les publia dans toute leur intégrité. Ils ont été reproduits par Labbe , Mansi et Hardouin. Roger avait placé le concile en l'année 4176; mais le procès- verbal porte clairement la date de 1165. Les actes commencent ainsi : « L'an de l'Incarnation du Seigneur, une sentence déclarative fut portée au sujet de l'altercation , des assertions et des attaques que certains , qui se faisaient appeler Bonshommes, exerçaient contre l'Église. Cette sentence fut signifiée par le ministère de Gérald, évêque d'Albi , président des juges qui avaient été élus et pris dans l'une et l'autre partie , au su de tous , et siégeant Gaucelin évêque de Lodève , l'abbé de Castres , l'abbé d'Ardurelle , l'abbé de Candille et Arnald Bebenus , en présence d'hommes honorables, tant laïques que clercs, à savoir : les seigneurs Pons , archevêque de Narbonne , Arnald , évêque de Niines, Gaucelin, évêque de Toulouse, G évêque d'Agde, Raymond, abbé de Saint-Pons, Pierre, abbé deSendrac, l'abbé de Fonfroide, l'abbé de Gailhac, le prévôt de Toulouse , le prévôt d'Albi les archidiacres

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