DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE VI
les sectaires. Il leur demanda, en premier lieu, s'ils recevaient la loi de Moïse et les Prophètes, les Psaumes, l'Ancien Testament en un mot, et les doctrines du Nouveau Testament. Us répondirent, devant tout lepeuple, qu'ils ne recevaient ni la loi de Moïse, ni les Prophètes, ni les Psaumes, ni en un mot l'Ancien Testament, mais seulement les Évangiles, les Epitres de saint Paul, les sept Epitres canoniques , les lettres des Apôtres et l'Apocalypse.
Après les avoir interrogés sur les fondements de la foi, Gaucelin porta ses questions sur la foi elle-même, et leur demanda en quoi , à leur avis , elle consistait. Us répondirent qu'ils ne le diraient point, à moins d'y être forcés.
lllesinterrogea, en troisième lieu, sur lebaptême des enfants, et leur demanda s'ils regardaient comme sauvés les enfants qui mouraient après leur baptême. Us répondirent qiuls ne diraient rien sur ce sujet, qu'ils ne parleraient que sur l'Evangile et sur les Épitres.
Il les interrogea, en quatrième lieu, sur le corps
de Narbonne et d'Agde, le prieur de Sainte-Marie de Montpellier, le prieur de Celleneuve, Blanc, Hugues de Veireiras , les laïques Trencavel , l'épouse de Raymond comte de Toulouse , Sicard , vicomte de Lautrec , Isarn de Dormian , et beaucoup d'aulres , en présence de tout le peuple d'Albi et de Lombers. »
et le sang de Jésus-Christ ; il leur demanda où, par qui il était consacré, quels étaient ceux qui le prenaient, si les uns recevaient plus que les autres, s'il était mieux consacré par un homme bon que par un homme mauvais. Ils répondirent que ceux qui le recevaient dignement étaient sauvés, que ceux qui le recevaient indignement prenaient leur propre condamnation ; ils dirent qu'il était vraiment consacré aussi bien par un laïque que par un clerc, pourvu que ce laïque ou ce clerc fût bon. Ils ne répondirent rien autre chose, parce qu'ils ne pouvaient pas être forcés à faire connaître leur foi.
En cinquième lieu, Gaucelin leur demanda ce qu'ils pensaient du mariage, si îe mari et la femme unis dans la chair pouvaient être sauvés. Ils consentirent à répondre seulement que le mari et la femme ne sont unis que par la luxure et la formication, comme dit saint Paul dans son épitre.
En sixième lieu, il les interrogea sur la pénitence; il leur demanda si, à la fin de la vie, elle était utile, ou bien, par exemple, si les soldats qui étaient blessés mortellement seraient sauvés pourvu qu'ils se repentissent , ou bien si chacun devait confesser ses péchés à un prêtre , ou bien à un laïque quelconque, ou bien à ceux dont saint Jacques dit : Confessez-vous mutuellement vos péchés. Ils répondirent qu'il suffisait aux malades de se confesser à qui ils voulaient.