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CHAPITRE

Importance de la question de l'origine du mal. — Solutions données par Simon, Basilide, Bardesane, Marcion, Scythien.

D'où vient le mal ? — Question difficile et grave, dont la réponse, restée longtemps obscure, a vivement préoccupé tous les esprits, soit du monde païen, soit du monde chrétien. Elle s'impose, en effet, d'elle-même. Quand l'homme, portant son regard au-delà des limites de l'espace, du temps et de la nature, ne se considère pas seulement lui-même ; quand il s'étudie dans les relations nécessaires qu'il a avec les êtres qui l'entourent, il conçoit, comme vivant au-dessus de lui-même et

du monde, un être tout-puissant, bon et sage, qui règne dans 1 éternité , d'où il répand sur la création les dons de sa grâce et de son amour. Son esprit se repose en paix dans la pensée qu'il vient de Dieu, lumière éternelle et communicative ; son coeur se nourrit de la joie que là-haut il y a un père qui l'aime infiniment et un juge qui récompense toute vertu ; il oublie pour un instant toute infirmité et toute douleur.

Mais que son regard, quittant ces hauteurs, s'abaisse jusqu'à la région ténébreuse d'ici-bas : c'est aussitôt pour l'intelligence l'obscurcissement de la lumière , pour le cœur affaibli les passions , pour le corps alourdi la triste souffrance ; c'est le mal sous toutes ses formes, avec ses variétés infinies et ses angoisses terribles. L'homme demande donc à tout ce qui l'entoure, à la terre et au ciel, à ses semblables et à lui-même, quelle peut être la cause de tels malheurs ; il cherche à s'expliquer la raison du mal ; il veut comprendre comment le mal a pu s'introduire dans l'œuvre d'un Dieu puissant, sage et bon.

Un auteur du second siècle, philosophe platonicien , Maxime de Tyr , a rendu , dans les plus beaux termes , la perplexité de l'esprit devant la question de l'origine du mal , et a fait sentir l'intérêt si grave qui s'attache à sa solution. Il raille Alexandre, qui alla consulter l'oracle de

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