DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE VII
ils n'avaient pas compté avec les membres de rassemblée : le comte de Toulouse et d'autres se levèrent, indignés, et les convainquirent de mensonge. Ils avaient entendu, dirent - ils , ces imposteurs émettre le principe qu'il y avait deux dieux, l'un bon, l'autre mauvais; que le bon avait créé les choses invisibles, immuables et incorruptibles ; que le mauvais avait fait le ciel , la terre , l'homme et les autres choses visibles. Après ceux-ci , d'autres se levèrent et affirmèrent les avoir entendus prêcher que le corps du Christ n'était point consacré par un ministre indigne, car ses fautes lui avaient enlevé tout pouvoir. Quelques-uns les accusèrent d'avoir enseigné que l'homme et la femme, vivant dans l'état de mariage, ne pouvaient être sauvés ; ceux-là , que la baptême était sans effet pour les petits enfants ; un grand nombre affirmèrent les avoir entendus proférer des blasphèmes contre Dieu, contre l'Eglise et contre la foi (1). Les hérétiques cependant ne se tinrent pas pour battus ; ils répondirent à ces accusations par des négations répétées, et, à leur tour, ils accusèrent leurs propres accusateurs ; car il fallait à tout prix sortir d'une situation qui menaçait de devenir périlleuse : l'expédient fut bientôt trouvé. 11 y a des hommes auxquels la
(4) Un auteur dit que la pudeur ne permet pas de répéter ces blasphèmes.
souplesse de l'esprit permet de passer facilement d'un principe à un autre principe ; pour eux , tout cède devant une situation, principes, foi, convictions , caractère. Raymond et Bernard- Raymond étaient de ces hommes qu'il est difficile de prendre en flagrant délit d'impiété, car ils nient le lendemain ce qu'ils ont défendu la veille.
Ils affirmèrent donc avec foroe ( firmiter) que le seul Dieu Très-Haut avait fait aussi bien toutes les choses visibles que les choses invisibles ; ils nièrent les deux principes. Ils reconnurent que tout prêtre, qu'il soit dans l'état de justice ou non , consacre réellement le corps et le sang du Christ ; que par le ministère du prêtre et la force des paroles qui ont été prononcées pour la première fois par le Seigneur, le pain et le vin sont changés au corps et au sang du Christ. Us admirent aussi que les enfants et les adultes ayant reçu le baptême de l'Église étaient sauvés, et même qu'on ne pouvait être sauvé sans ce baptême ; ils nièrent avoir un autre baptême ou une imposition des mains comme on le leur imputait. Us ne condamnèrent plus l'homme et la femme vivant dans l'état de mariage. Ils avouèrent qu'il était juste de visiter avec grande dévotion les églises élevées à Dieu et aux Saints, de rendre honneur et respect aux ministres de l'Eglise , de leur payer les prémices et les décimes. Us louèrent