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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VII

France. Cette arrière-pensée n'entra cependant jamais dans l'esprit du roi. Ce n'était point, dans sa personne, le Nord qui se précipitait sur le Midi ; c'était le chrétien qui, avant de partir pour la Terre-Sainte, voulait faire une œuvre de foi et de charité, travaillerai! retour des égarés, empêcher l'exercice d'un culte impie, défendre l'Église attaquée. Le comte de Toulouse n'avait sollicité son action que dans ce but, et le roi d'Angleterre, son rival, eût refusé de lui prêter son concours, s'il eût même pu soupçonner quïl travaillait pour sa couronne. Comment donc le roi de France eût-il nourri dans son esprit l'idée d'un agrandissement territorial? Outre l'opposition du roi d'Angleterre, ri eût rencontré le veto de l'Église qui, sur une réclamation du comte de Toulouse , eût revendiqué pour lui des terres qui lui appartenaient.

Cette observation était ici nécessaire ; car la conséquence politique de l'hérésie Albigeoise sera , soixante ans plus tard, la réunion du Languedoc à la couronne de France. Dès-lors, quelques historiens ont mis en opposition les hommes du Nord et les hommes du Midi , et fait de la guerre qui éclatera en 1208 une guerre de race, tandis qu'elle ne fut qu'une croisade.

La réunion du concile, qui fut le onzième concile général et le troisième de Latran, fut motivée par une triple affaire : éteindre le schisme et en

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prévenir la réapparition, condamner les hérétiques Albigeois , achever l'œuvre du rétablissement de la discipline ecclésiastique. C'est au mois de mars de Tannée 1179 qu'il s'ouvrit. L'auteur anonyme de la Chronique du Mont-Cassin dit qu'il s'y trouva trois cent unévêques, vingt- deux cardinaux et un grand nombre d abbés (1). D'autres disent trois cent deux évêques ; quelques-uns, trois cent dix (2). Soixante- deux évêques de France y furent présents; il y eut aussi les évêques des pays les plus infestés par l'hérésie : l'Italie , la Hongrie, les bords du Rhin. La tenue du concile ne fut pas de longue durée. Nous ne connaissons pas le détail des travaux préparatoires aux sessions. Guillaume de Tyr dit bien que celui qui voudra s'informer des décisions du concile, du nombre et du titre des évêques , n aura qu a lire l'écrit qu'il en composa et qu'il déposa aux archives de son église de Tyr (3); mais cet écrit a disparu. 11

(1) « Alexander Papa celebravit concilium in ecclesia Lateranensi mense martii, ubi fuerunt episcopi numéro trecenti et unus , exceptis cardinalibus , qui fuerunt viginti duo, et exceptis abbatibus, qui prœ nimia multitudine numerari non potuerunt. »

(2) Voir Mansi , Pagi , Hardouin , Coll. concil. — Otto Frisingensis , lib, vu, cap. ult. — Robertus, continu ator Sigeberti, ad an. 1179. — Guillelmus Tyrii, lib. xxi, c. xxvi. — Rogerius Hovedenus.

(3) Guill. Tyr., Hist., cap. xxvi.

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