DEUXIÈME PARTIE» — CHAPITRE VIII. io
Les évêques ne pouvaient rien on ne pouvaient que peu de chose. Ce fut beaucoup que Geoffroy, évêque de Béziers, se fît promettre, à La mort de Roger II , par Bertrand de Saissac , tuteur du jeune Raymond Roger, de n'avoir aucun commerce avec les hérétiques , et de laisser à Tévêque le pouvoir de les chasser de la ville et de ses terres. Mais c'était un effort trop isolé pour qu'il pût produire de grands résultats.
Nous avons parlé de la conférence de Bernard, abbé de Fontcaude, avec les Vaudois. Cette conférence avait en réalité pour but de défendre l'Eglise contre les Albigeois. Sans confondre les Vaudois et les Albigeois , nous avons établi que, séparés primitivement par leurs désirs , par leurs tendances et par leurs principes , finalement ils fusionnèrent, admirent les mêmes doctrines , soutinrent la même lutte.
11 suffit, pour s'en convaincre , de lire la relation de cette conférence; Bernard de Fontcaude l'écrivit pour instruire et avertir certains clercs qui, par insouciance ou par disette de livres, n'avaient pas résisté aux ennemis de la vérité et étaient devenus un scandale pour les fidèles ; car ils n'entretenaient pas en eux la foi catholique et ils ne les soutenaient pas de la nourriture des Saintes Ecritures. Ils étaient ainsi la cause principale du mal, car ils ne chassaient les hérétiques ni
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par la prédication, ni par le nerf d'une forte discipline (1).
Pour lui donc, il s'appliquera à donner les passages des Pères et de l'Écriture qui montrent combien sont grossières les erreurs des hérétiques.
Le chapitre Ier est une réponse à ce faux principe des hérétiques qu'il ne faut obéir ni au souverain pontife ni aux évêques ; et l'abbé Bernard cite plusieurs passages de Pères, entre autres de saint Augustin et de saint Grégoire , et un grand nombre de textes de la Sainte-Écriture (2). Dans le chapitre second , afin de montrer que le commandement d'obéir aux chefs de l'Église est fondé en raison, il se demande ce qu'ils sont, et quels devoirs imposent leur dignité et leurs augustes fonctions. Le prêtre discerne et juge ; il offre le sacrifice, il mène paître les brebis du Seigneur, il enseigne , il entend la confession des péchés des hommes , afin de leur en donner le pardon. Aussi, dans le chapitre 111, l'abbé Bernard répond-il aux détracteurs du prêtre, dont ils grossissent le mal et diminuent les vertus. Le mal du prêtre serait-il aussi grand qu'ils le disent, qu'il faudrait encore le cacher : Cham , qui rit de
(1) Prologus, v.
(2) Les passages cités sont : Matth., xvi , 19; xxm , 3; xviit, 17. — Luc, x, 16. — II Cor., x, 16. — Jl Thess., in , 14. — Hébrœ., xiu, 17. — Act., xx, 28.