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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE IX

corrompus deux-mêmes , se laissèrent bien tost consumer à ce feu dévorant , et l'embrazement fut si général qu'au lieu des pleurs de la repentance que ces misérables dévoient respandre, il fallut par une voie de rigueur tirer de leurs propres veines des ruisseaux de sang pour l'expiation de leurs crimes » (1).

A côté de Roger V, neveu du comte de Toulouse, nous trouvons Bernard -Roger, comte de Foix, l'ami dévoué des hérétiques. Nous avons vu comment la prospérité croissante du Midi avait développé dans toutes les villes l'instinct de la liberté. On n'en resta pas là: bientôt les idées de tolérance prirent un tel développement que l'on vit dans quelques grandes familles, par exemple celle de Foix, des membres de plusieurs sectes. C'est dans ce milieu agité de mille pensées diverses, que Raymond-Roger de Foix avait été élevé. Que trouva-t-il au bout de ces idées de tolérance excessive? La haine de l'Eglise, qu'il manifestera bientôt par la lutte la plus acharnée et la plus imprudente. Les femmes elles-mêmes, dans cette famille, n'étaient pas étrangères à cette haine. Nous étudierons plus tard la conférence de Pamiers, dans laquelle la sœur de Bernard- Roger, comte de Foix, soutint ouvertement les

(4) Besse , op. cit., chap. xxx.

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hérétiques, si bien que frère Etienne de Nîmes : « Allez donc, lui dit-il, filer votre quenouille, il ne vous appartient pas de parler en débats de cette sorte » (1).

L'hérésie se voyait donc soutenue de toutes parts par des hommes, sans doute passionnés , mais puissants , habiles et résolus. Elle les avait ellemême nourris et élevés, et il était certain qu'ils ne se révolteraient point contre cette cruelle marâtre. Une anecdote, racontée parla Chronique de Puylaurens (2), nous donne le vrai mot de la situation : « A ce propos, je dirai que j'ai entendu racontera D. Foulques, évêque, que Pons d'Adhemar de Rodelle, chevalier plein de sagacité, lui disoit en ce temps : Nous n'aurions pu croire en aucune manière que Rome eût tant d'efficaces raisons contre ces gens-ci. — Est-ce, répondit l'evêque, que vous ne voyez pas combien leurs objections ont peu de force? — Si fait, répondit l'autre. — Pourquoi donc, ajouta Foulques, ne les expulsezvous et chassez de vos terres? — Nous ne le pouvons pas, dit-il, nous avons été nourris avec eux , nous avons parmi eux des gens de nos proches , et nous les voyons vivre honnêtement » (3).

(1) Chron. de Puylaurens, chap. ix.

(2) Id., chap. vin.

(3) Autre fait raconté encore par Puylaurens, chap. m,

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