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DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE IX

légats, en notre nom, réunirent le clergé et lui enjoignirent de frapper d'excommunication les consuls, si au jour déterminé ils n'avaient pas abjuré l'hérésie. Il promit de le faire, mais il ne passa point à l'effet ; aussi lesdits Pierre et Radulphe l'ont suspendu de l'administration et de la charge pastorale, jusqu'à ce qu'il se présente devant nous, et ont défendu sévèrement au clergé de Béziers de lui obéir » (1).

L'évêque de Carcassonne, Othon, avancé en âge. manquant peut-être d'énergie, et ne voulant pas , par faiblesse, prendre la responsabilité de mesures sévères contre les Albigeois, espérant du temps et de la vertu des hommes, n'avait pas, lui aussi, répondu aux désirs de l'Eglise. 11 eut, du moins, la vertu de le reconnaître; il demanda au pape à être déchargé des soucis de la charge pastorale (2).

L'hérésie depuis l'assemblée de Caraman , sans avoir augmenté le nombre de ses diocèses, était donc devenue plus florissante. Partout les fidèles prenaient peur devant le nombre toujours croissant de leurs ennemis. Ce n'était plus seulement à Toulouse, mais dans la plupart des villes, que les hérétiques possédaient des établissements , écoles

(1) Epist., lib. vi. epist. ccxlii.

(w2) Epist., lib. i, epist. ccccxciv.

ou hospices. Là ils se réunissaient et ils formaient leurs jeunes adeptes. Guillabert de Castres, fils majeur de Gaucelin, évêque de Toulouse, dirigeait les écoles des châteaux de Saint-Paul et de Fanjaux. Montréal et ses environs possédaient plusieurs maisons; Bernard Col-de-Fi , Arnaud Guiraud, Arnauld Terraut et Duranti en avaient la direction. Pierre de Belestar était à la tête de l'hospice de Gaïan, où Raymond Imbert prêchait souvent. Avellanet possédait plusieurs hospices.

Ces hospices, qui servaient d'école et de lieu de réunion, en même temps qu'ils étaient un témoignage irrécusable de la prospérité de la secte, constituaient pour elle de puissants moyens de propagande ; en plusieurs endroits , elle possédait des écoles proprement dites. A Servian, près de Béziers, le seigneur avait autorisé l'évêque albigeois , Bernard de Simorre , à ouvrir une école. Fanjaux, Gaïan, Montréal, Mirepoix virent s'élever dans l'enceinte de leurs murs des maisons dirigées par des femmes professant le dualisme albigeois pour l'éducation des filles nobles. Il paraît que ces femmes portaient un costume assez semblable à celui des religieuses ; on a conservé le nom des plus remarquables : Arnaude de la Motte , de Montauban , Wilhelmine de Tonneins, mère du chevalier Guillaume Assalit , sa fille Lombarde, Auda, mère du chevalier Isarn de Fanjaux, Fais,

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