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DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE X

dans le silence qui règne autour de ce ministère temporel. Nul, pas même ceux qui sont frappés, ne crient à l'abus, à la cruauté, à la tyrannie. M. Schmidt voudrait-il se porter accusateur d'un pape contre les droits duquel ses contemporains n'ont point élevé de réclamations? Innocent 111, à peine monté sur le trône pontifical , vit de quels excès les hérétiques étaient capables. S'il lui eût été permis, comme chef de l'Église, d'user de représailles, la mort de Pierre Parent, martyrisé par eux, lui eût fourni une favorable occasion. Mais ce pape que l'on accuse se conduisit avec plus de magnanimité : voici la vérité historique. A Viterbe, l hérésie en était venue à un tel point d'audace, que les catholiques ne trouvaient partout qu'embûches, insultes et menaces. Comment songèrentils à sortir de cette situation fâcheuse? Us envoyèrent des députés à Rome et se mirent sous la garde du Siège Apostolique, comme derrière une citadelle de défense. Là, le pape leur parla de Pierre Parent, homme encore jeune, mais d'une grande sagesse, éloquent, constant dans ses desseins, défenseur de la foi et ami dévoué des pauvres. Les députés de Viterbe l'acceptèrent pour chef. A son entrée dans la ville , les habitants le reçurent avec honneur , portant à la main des rameaux de laurier et d'olivier, symboles de la victoire et de la paix. Pierre Parent, dont la mission était de

chasser l'hérésie de la ville, se concerta longtemps avec l'évêque Richard. Sa simple présence était pour les sectaires un avertissement dont ils ne tinrent aucun compte, car ils avaient grand espoir en sa faiblesse ou en tout autre incident qui l'empêcherait d'agir. Mais Pierre Parent se garda d'oublier son devoir et il fit connaître publiquement que tous ceux qui, au terme fixé, seraient venus rendre obéissance, seraient admis à la communion de l'Eglise; ceux qui refuseraient, seraient passibles de la peine statuée par les canons. Beaucoup se présentèrent devant l'évêque et lui promirent fidélité. Mais d'autres ne se rendirent pas à l'appel de Pierre Parent : ils lui furent livrés, et celui-ci en fit lier quelques-uns, flageller d'autres sur la place publique, d'autres durent payer une amende, les derniers furent exilés. Les hérétiques, ne se possédant pas de fureur, corrompirent le serviteur de Pierre, nommé Radulphe, qu'un auteur compare à un autre Judas... Celui-ci, pendant une nuit sombre, livra son maître aux ennemis de l'Eglise, qui, après l'avoir assommé de coups, jetèrent son corps sans vie dans un puits profond (1).

Des faits aussi odieux justifieraient la conduite

(1) Raconté par un auteur du temps , dont Raynal à le premier fait connaître l'écrit.

Ad annum 1199, n° 22, 23, 24.

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