‹ Les AlbigeoisChapitre 257 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XI

sous peine d'excommunication, le serment à la foi catholique (1 ) ;en retour, Pierre, pour montrer combien étaient fausses les accusations portées par les hérétiques contre le Saint-Siège, qui, disaient-ils, ne travaillait qua étendre ses richesses, confirma les libertés, les franchises et coutumes de la ville en ces termes : « Consuls, et vous toushabitants de Toulouse, au nom d'Innocent III, dont je suis le légat apostolique, et en vertu des pouvoire que j'ai reçus de Sa Sainteté, je confirme vos libertés, vos usages et vos coutumes » (2).

Cette conduite bienveillante des légats avait un double but : d'abord engager la ville dans une fidélité absolue au Saint-Siège, ensuite décider le comte à agir, car alors il se laisserait entraîner par l'opinion même de ses sujets. Mais ils n'avaient pas compté avec les hérétiques qui protestèrent énergiquement et n'abandonnèrent aucun de leurs errements et aucune dé leurs prétentions. Comme auparavant ils suivirent les hérétiques dans leurs réunions nocturnes (3); quant au comte, il sembla se raffermir dans le premier refus qu'il avait fait aux légats de prendre des mesures contre les hérétiques.

(1) Hist. de Languedoc, liv. xxi, 9. — Catel, Histoire des Comtes de Toulouse.

(2) Histoire de Toulouse, par Cayla et Perrin-Paviot , liv. ix.

(3) Pierre de Vaux-Cernay.

Les légats quittèrent donc Toulouse, décidés à s'adresser à deux prélats qui semblaient jouir d'un certain crédit auprès de Raymond VI : l'archevêque de Narbonne et l'évêque de Béziers. Ils se dirigèrent donc sur Béziers, où l'hérésie avait fait de grands progrès, soutenue qu'elle était par les consuls de la ville. Ils conjurèrent l'évêque, Roquessels, d'adresser à ces derniers les plus sévères avertissements et de les excommunier, s'ils persévéraient dans leur conduite. En même temps, ils lui demandèrent de les accompagner à Toulouse, afin d'obtenir de Raymond VI la promesse de sortir de son inaction ; mais l'évêque refusa tout. Les légats, indignés, le suspendirent de ses fonctions, et firent savoir aussitôt au pape la mesure qu'ils venaient de prendre. Le pape, disposé à soutenir ses légats, loin de la trouver mauvaise, la confirma de son autorité suprême.

Après ce coup de vigueur, les deux moines quittèrent Béziers pour aller à Narbonne. La ville de Narbonne était moins atteinte par l'hérésie que celle de Béziers; il paraît même qu'elle lui était particulièrement étrangère. Aussi les légats ne demandèrent pas à l'archevêque de prendre des mesures rigoureuses comme celles qu'ils avaient exigées à Béziers. Us se contentèrent de le prier de leur fournir un certain nombre de chevaux pour continuer leur voyage et de les accompagner à

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