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PREMIERE PARTIE. CHAPITRE II

Slaves ou tout au moins des peuples que nous verrons, dans moins d'un siècle, se mêler aux Slaves, lors de l'établissement de ceux-ci sur les rives du Danube (1).

Pendant que ses disciples portaient au loin les doctrines dualistes, Manès lui-même travaillait à les répandre par ses lettres nombreuses , qui plus tard formeront un des livres principaux de la secte.

Tout jusqu'ici semblait donc favoriser lanouvelle hérésie. Mais tout-à-coup, on ne sait pour quelle raison, Manès perdit l'amitié de Sapor 1er , et alors il fut aussi sévèrement traité qu'il avait reçu bon accueil pendant son second séjour à Séleucie. Tous les auteurs, latins, grecs, syriens, parlent de mesures sévères prises par Sapor contre Manès et ses disciples. Ceux-ci ne trouvèrent de salut que dans la fuite (2). Mais il faut l'avouer, la fuite même leur fut favorable : elle donna au dualisme une plus facile diffusion. Manès alla demander un asile à la Scythie, à cette terre hospitalière, dont Addas s'était déjà si bien trouvé. Dès ce moment, ce pays , où les doctrines dualistes avaient fait de

(1) « Les peuples qui habitaient cette région étaient désignés par les Grecs sous le nom de i/.vQxt. Mais dans leur propre langue ils s'appelaient SxôAoOoe, c'est-à-dire Slavoniens. » Theil, Dict. au mot Scythia.

2) Beausobre, op. cit.

si grands progrès , compta un grand nombre de disciples fidèles et dévoués à Manès .

Le voyage d'Addas, dont nous avons déjà parlé, le séjour de Manès dans ces contrées, qui plus tard ont pris le nom de Turkestan , la diffusion rapide des doctrines dualistes, le grand nombre de disciples de Manès, tout cela est constaté par les historiens latins et persans (1) : fait d'une capitale importance pour nous, puisque c'est des contrées situées au nord de la mer Caspienne que sont descendues, vers le Midi, les races Slaves, et que par les races Slaves le dualisme s'est plus tard répandu en Hongrie, en Italie, sur les bords du Rhin, et enfin dans la Provence et le Languedoc.

Après la mort de Sapor 1er (271), Manès rentra à Séleucie. Par une de ces réactions , qui se produisent fréquemment après les changements inévitables de la politique et auxquels notre siècle agité nous a trop habitués, s'il ne nous en a pas lassés , Hormisdas , successeur de Sapor 1er, manichéen lui-même , favorisa celui qu'il regardait comme victime d'une atroce persécution. Manès se montra reconnaissant: il dédia à son bienfaiteur les ouvrages qui renfermaient l'exposé de ses doctrines. Malheureusement pour lui , Hormisdas ne vécut pas longtemps : la même

(1) Beausobre, op. cit.

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