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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE Xll

inhospitaliers. C'est ce qu'il fit en effet. Les autres missionnaires y séjournèrent quinze jours, qu'ils passèrent à discuter et à prêcher.

En quittant Béziers , ils prirent le chemin de Carcassonne. Cette ville était le chef-lieu d'un évêché dualiste. Ses murs avaient plusieurs fois donné asile aux principaux personnages de la secte, par deux fois, même, aux délégués des dualistes des bords du Danube. C'était au mois de juin: malgré la fatigue toujours très-grande que causent les chaleurs de ce pays , les missionnaires travaillèrent avec ardeur, et Dieu se plut à montrer qu'il était avec ses serviteurs. Gui, abbé de Vaux-Cernay, raconte que, le jour de saint Jean- Baptiste , cet admirable Saint de l'Evangile que les hérétiques traitaient d'imposteur et d'impie, comme ceux-ci, par mépris de lui, voulurent travailler, chaque gerbe aussitôt coupée se couvrit de sang.

De Carcassonne, les missionnaires vinrent à Verfeil. Là ils eurent une discussion publique (1).

(1) Voir Guil. de Puylaurens , cap. 8. « Une des premières conférences eut lieu à Verfeil , où se présentèrent Pons Jordan , Arnaud Arifat et plusieurs autres hérétiques. Après que la discussion se fut portée sur divers sujets , on en vint à citer ces paroles du Seigneur selon l'Évangile de Saint Jean : « Personne ne monte au ciel , etc. etc. — L'évêque d'Osma demanda à ses interlocuteurs comment ils comprenaient ces mots. — L'un

Fanjeaux, petite ville située entre Carcas sonne et Pamiers, fut témoin d'un fait extraordinaire, que le bienheureux Jourdain de Saxe raconte ainsi : « Il arriva qu'une grande conférence fut ténue à Fanjeaux, en présence d'une multitude de fidèles et d'infidèles qui y avaient été convoqués. Les catholiques avaient préparé plusieurs mémoires qui contenaient des raisons et des autorités à l'appui de leur foi ; mais, après les avoir comparées ensemble, ils préférèrent celui que le bienheureux homme de Dieu, Dominique, avait écrit, et résolurent de l'opposer au mémoire que les hérétiques présenteraient de leur côté. Trois arbitres furent choisis d'un commun accord pour juger quel était le parti dont les raisons étaient meilleures et par conséquent la foi plus solide.

d'entre eux répondit que Jésus , en parlant ainsi , s'appelait lui-même le fils de l'homme , qui est an ciel. — « C'est donc là votre opinion , répliqua l'Evêque , que le père de Jésus qui est dans les cieux, est un homme dont il s'appelle le fils?» — «Telle est notre opinion. » — L'Évêque reprit : « Ainsi donc quand le Seigneur dit par la bouche d'Isaïe : Le ciel est ma demeure et la terre Tescabelle de mes pieds , il en résulte que s'il est un homme assis dans le ciel et que ses pieds touchent à la terre , la distance du ciel à la terre équivaut à la longueur de ses jambes. » — Gomme ils répondirent qu'il en était ainsi : — « Que Dieu vous maudisse, s'écria l'Évêque, parceque vous êtes de grossiers hérétiques , en qui je croyais vainement trouver quelque finesse d'intelligence. »

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