‹ Les AlbigeoisChapitre 275 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII

ment (1), leur inspiraient la haine contre l'Église de Jésus-Christ et leur enseignaient les principes de leur détestable religion.

Le bienheureux Dominique gémissait profondément de cet état de choses, qui menaçait de perpétuer l'hérésie dans ces contrées malheureuses. « 11 songea devant Dieu aux moyens de remédier à cette séduction, et crut qu'il y parviendrait par la fondation d'un monastère destiné à recueillir les jeunes filles catholiques que la naissance et la pauvreté exposaient aux pièges de l'erreur. 11 y avait à Prouille , village situé dans une plaine entre Fanjeaux et Montréal, au pied des Pyrénées, une église dédiée à la Sainte- Vierge et célèbre depuis longtemps par la vénération des peuples. Dominique affectionnait Notre-Dame de Prouille ; il avait souvent prié au pied de ses ' autels, dans ses courses apostoliques. Soit qu'il montât les premières collines des Pyrénées ou qu'il en descendît, l'humble sanctuaire de Prouille lui apparaissait, à l'entrée du Languedoc, comme un lieu d'espérance et de consolation » (2). C'est donc là, sous la garde de la Sainte- Vierge, avec le concours et le conseil de son père spirituel , l'évêque d'Osma , et l'approbation de l'archevêque

(1) Humbertus, cap. XII.

(2) Ap. P. Lacordaire, Vie de saint Dominique, chap. iv.

de Narbonne et de l'évêque de Toulouse (1), quil réunit quelques pieuses servantes du Christ. Soumises à une clôture et à un silence perpétuel, elles suivaient les règles d'une observance douce et austère , travaillaient de leurs mains dans la joie d'une conscience pure, rendaient gloire à Dieu (2), et consacraient leur vie à l'éducation de filles de familles nobles, tant de celles qui étaient déchues de leur ancienne prospérité que de celles qui tenaient le premier rang dans le pays. Dieu bénit les efforts de son serviteur. 11 voulut que les neuf premières religieuses sortissent des rangs mêmes de l'hérésie. Elles étaient de Fanjeaux et s'appelaient : Aadaïcie, Raymonde Passarine, Bérengère, Richarde, Barbairana Jordana, Guillemette de Bellepont , Curtolane , Raymonde Clarette et Gruillemette de Fanjeaux (3). Ayant entendu à Fanjeaux même le bienheureux Dominique prêcher, elles n'avaient pu résister à sa parole et elles avaient renoncé à l'hérésie pour suivre l'homme de Dieu (4).

C'est au moment où le bienheureux Dominique

(1) L'archevêque de Narbonne céda plus tard à Prouille l'église Saint-Martin de Limoux. — Voir les documents authentiques dans Quetif , t. i, p. 7.

(2) Humbertus , cap. xn.

(3) Quetif et Echard , t. i, p. 7.

(4) Bernard Guido , ad an. mccvi.

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