DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE XII
avait jeté les premières bases de sa fondation, prélude d'une fondation plus importante qui donnera à l'Eglise de Dieu saint Thomas , saint Hyacinthe, Louis de Grenade, Lacordaire (1), que Févêque cl'Osma, comme s'il eût répandu la dernière bénédiction sur son fils, quitta le Languedoc pour retourner dans son diocèse, où il était vivement attendu, et où il avait la pensée de préparer des secours pour les missionnaires delà province de Narbonne (2). Foulques , le nouvel évêque de Toulouse, Navarre, évêque de Conserans, les abbés de Cîteaux, saint Dominique, accompagnèrent le saint évêque cl'Osma jusqu'à Pamiers. Là eut encore lieu une conférence publique (3) : c'est
(1) Il est donc injuste d'écrire : « Dominique : ce nom trop fameux n'évoque dans la mémoire populaire que des images de sang et de tortures : un immense anathème pèse sur la tête de ce moine, qui passe pour le génie de l'inquisition incarnée. » (H. Martin, Hist. de France, liv. xxm.)
(2) Pierre de Vaux-Cernay , chap. vi.
(3) Esclarmonde , sœur de Bernard-Roger, comte de Foix, s'y montrait ouvertement la prolectrice de l'hérésie. — fe Allez, madame, lui dit le frère Étienne de Mima , allez filer votre quenouille. Il ne vous sied pas de prendre la parole sur de telles matières. » On y discuta contre les Vaudois , en prenant pour arbitre maître Arnaud de Camprand , prêtre séculier. D'après son jugement , les hérétiques eurent le dessous , et quelques-uns, revenus à de meilleurs sentiments , allèrent à Rome et firent pénitence. » (Guil. de Puylaurens , Chron., cap. vin.)
Diego qui prit la parole pour défendre l'Église , et il eut la consolation de voir un grand nombre d'hommes, surtout parmi les pauvres, et celui-là même qui avait été choisi pour arbitre et qui favorisait sensiblement les hérétiques , abjurer entre ses mains leurs erreurs et s'attacher à l'Eglise du Christ (1). C'est quand il eut cueilli cette première moisson qu'il passa les Pyrénées ; il se promettait de les repasser pour venir prêcher dans le Narbonnais ; mais Dieu jugea que sa vie était assez pleine de vertus : quelques mois après son départ (1207), Dominique apprit que le Père de son âme n'était plus (2). Ce fut un deuil inconsolable pour tous les missionnaires , pour Dominique surtout. On grava sur sa tombe cette simple épitaphe: Ci-gît Didace Azebès , èvêque d'Osma. On se garda d'ênumérer ses vertus ; car son nom, qui prit aussitôt rang dans le martyrologe espagnol (3), les rappelait toutes.
(1) Pierre de Vaux-Cernay, chap. vi.
(2) Pierre de Vaux-Cernay. — Cf. Bernard Guido , ad an. mccvii.
L'évêque d'Osma ne mourut donc pas quelques mois après le commencement de la mission, comme l'a prétendu H. Martin (Hist. de France, liv. xxm), mais deux ans après.
(3) Quetif et Echard , t. i, p. 8.
Il est injuste de représenter l'évêque d'Osma mourant en adjurant le Seigneur « d'appesantir sa main » sur les ennemis de sa foi. » (H. Martin, Hist. de Fr., liv. xxm.)