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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XIII

du faubourg de Trinquetailles-ès-Arles (1), lorsquelécuyerdu comte, qui l'avait suivi, lai enfonça le fer de sa lance au-dessus des côtes. Pierre de Castelnau le regarda et lui dit : Que Dieu te pardonne comme jeté pardonne ! Peu d'instants après, il rendit le dernier soupir. « Lame s'en alla au Père tout-puissant, — et il fut enterré à Saint- Gilles, avec maints cierges brûlants — , et maints Kyrie eleison que les clercs chantèrent » (2) .

Le meurtre de Pierre de Castelnau était un crime dont l'atrocité, malgré la dureté de mœurs de ce temps , souleva un cri d'indignation dans toute l'Europe. 11 était plutôt encore, dans les circonstances , une faute politique. Raymond aurait dû ménager le légat ; mais au lieu de le ménager, il fit enfoncer dans son cœur le fer meurtrier. Le

1) Papon, Hist. de Provence, n, 288.

(2) Larma sen es aleia al Paire omnipotent , A san Gil sosteran, ah mot ciri ardent , Am mot kyrieleison que li clerc va cantant.

(Hist. de la Croisade, en vers provençaux, éd. Fauriel. 4, 90, p. 9. — Cf. Cauvet , op. cit. ) — On rapporte que Pierre de Castelnau avait dit souvent : ce La cause du Christ n'aura point de succès dans ces contrées , avant qu'un de ses prédicateurs ne sacrifie sa vie pour la défense de la foi. Puisse-je, ajoutait-il, tomber le premier sous le glaive des persécuteurs ! »

Innocent IV l'a mis au nombre des saints et lui a fait rendre le culte des martyrs. Il est inscrit au martyrologe aux dates du 6 et du 14 mars. — En 1562, les protestants

légat était le représentant du Saint-Siège ; tuer son légat , c'était attenter à son pouvoir et se mettre dans l'état d'hostilités ouvertes. Malheureusement pour Raymond VI , le pape pouvait disposer des armées mêmes de l'Europe. Aussi les historiens hostiles à l'Eglise, comprenant que le crime du comte de Toulouse autorisait les représailles du pape , ont-ils dénaturé le récit de la mort du légat , et ont-ils essayé de faire retomber sur le légat lui-même la responsabilité de sa mort.

« Ce seigneur ( Raymond VI) , dit Sismondi, poussé à bout , menaça Castelnau de lui faire payer son insolença de sa tête. Les deux légats (il n'y en avait qu'un) ne tenant aucun compte de cette menace , partirent de la cour de Raymond ( c'est de Saint-Gilles , où n'était pas la cour de Raymond ) sans s'être reconciliés avec lui, et vinrent coucher le 14 janvier 1208 (le 8 janvier)

brûlèrent ses restes, religieusement conservés à Saint- Gilles. — Les diocèses de Nimes, de Garcassonne et de Montpellier honorent Saint-Pierre de Castelnau d'un culte particulier. Voir la Lettre- Circulaire de Mgr. l'Evêque de Carcassonne ( Mgr. de la Bouillerie ) , au clergé de son Diocèse , relativement à l'introduction de l'office du B. Pierre de Castelnau dans le Propre du Diocèse de Carcassonne. — Instruction pastorale de Mgr. l'Évêque de Nimes (Mgr. Plantier), sur l'hérésie des Albigeois , à l'occasion de l'établissement dans son diocèse du culte du B. Pierre de Castelnau.

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