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DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE XU

demanda aux archevêques et aux évêques du Languedoc et de la Provence de les seconder de tout leur pouvoir (1).

Comme les rois de France et d'Angleterre n'avaient pas cessé les hostilités, il chargea les abbés de Persenne et de Pinu de négocier pour les deux rois la conclusion d'une trêve de deux ans (2). Dans le même but, il s'adressa aux archevêques de Tours et aux évêques de Paris et de Ne vers (3). Non-seulement Jean de Tours, Odon de Paris et Guillaume de Nevers durent parler aux deux rois d'une trêve, mais encore ils demandèrent au roi de France , aux grands et aux nobles du pays de France de prendre les armes contre les hérétiques. Tous les archevêques et évêques de France prêchèrent la nouvelle croisade.

Les clercs et les laïques établis sur les terres d'Othon, duc de Bourgogne, d'Hervé, comte de Nevers, et de Galcher, comte de Saint-Paul, furent avertis de donner aux croisés la dixième partie

(1) Epist., lib. xi, epist. xxvi.

(2) Ibid. lib. xi, epist. xxx.

(3) lbid., epist. xxxi, xxxm. Le pape envoya un légat particulier auprès de Philippe-Auguste , le cardinal Gualo, pour accorder les grâces pontificales à tous ceux qui voudraient prendre part à la croisade. (Nangis, Chron., in d'Achery Spicil. III, 22. )

de leurs revenus d'une année (1). Quant aux croisés, ils étaient relevés de ces obligations pendant deux ans (2). Le roi Philippe fut exhorté à fournir des secours (3). Le pape prit sous sa protection les biens et les terres des croisés, et ordonna aux archevêques, évêques, abbés, prieurs de France de punir les perturbateurs de la croisade (4). 11 tranquillisa l'archevêque d'Arles, qui craignait que son autorité ne fût affaiblie devant celle des légats : il lui écrivit qu'il voulait que tout se fît sans préjudice daucun de ses droits et privilèges ; il écrivit aux consuls, soldats et hommes d'Arles de rendre à l'archevêque tous les devoirs de l'obéissance, comme auparavant (5).

Le pape fit ainsi évanouir les craintes des autres archevêques et évêques de Provence et du Languedoc. Et quand toutes choses furent ainsi réglées avec cet esprit d'ordre, de justice et de sagesse qui distingue Innocent III , le roi Philippe, empêché de prendre le commandement de la croisade, fut prié de donner un chef « vaillant, prévoyant et fidèle » (6). Ce chef «vaillant, prévoyant et fidèle », fut Simon de Montfort.

(1) Inn Reg. lib. xi, epist. clviii.

(2) Ibid., ep. clvii.

(3) Ibid., ep. clix.

(4) Ibid., ep. clvi.

(5) Ibid., ep. lxvii etLXVin.

(6) Ibid., ep. ccxxix.

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