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PREMIEBË PARTIE. CHAPITRE II

ne contenaient rien de relatif à ses principes théologiques. La secte conserva longtemps le recueil des Lettres de son patriarche. « J'anathématise le recueil des lettres de Manès », lit -on dans une formule d'abjuration (1). Malheureusement, ce recueil est perdu.

Enfin, les Dits et Faits mémorables de M anès (2) fut le dernier écrit sorti d'une main manichéenne.

On lisait ces livres dans les assemblées formées par les sectaires. Les Albigeois imiteront les premiers Manichéens : ils liront, eux aussi, dans leurs assemblées, les Evangiles interpolés d'après la méthode que nous venons de faire connaître. Dans les premières assemblées, les écrits composés par Manès lui-môme revenaient plus souvent. Quand ils avaient entendu la lecture de Tune de ses Epitres, surtout de celle du Fondement, qui était la plus importante , les assistants s'inclinaient en signe d'adhésion : c'est ainsi que se formait leur foi dualiste. Ils avaient , du reste , entre les mains un recueil de prières qu'ils portaient partout avec eux, quils méditaient, et dont ils nourrissaient leur âme.

Tel fut le canon complet des Manichéens dès la fin du 111e siècle. Dans la suite , cependant , la

(1) Coteler., PP. apost. — Pet. Sicul., Hœres. Manich.

(2) Coteler., op. cit.

secte connut d'autres livres : les uns ne furent qu'un commentaire de ceux-ci ; d'autres eurent le caractère de livres apologétiques. Il faut en dire un mot en finissant ce chapitre.

Hiérax est regardé comme le principal des commentateurs de Manès (1). Photius, Pierre de Sicile, une vieille formule d'abjuration le placent au nombre de ses premiers disciples. 11 jouit d'un grand crédit, en Egypte, parmi les solitaires, dont quelques-uns devinrent dualistes (2).

Aphtone, autre commentateur de Manès, nous est connu seulement par ce que dit de lui Philostorge (3). Il vivait du temps de Constance. Il était patriarche manichéen d'Alexandrie, où il jouissait d'une pleine liberté et où il engagea plusieurs discussions publiques. 11 avait auprès de ses coreligionnaires une grande réputation de savoir et d'intelligence.

Adas, qui avait composé le Modium, comptait parmi les principaux écrivains de la secte. Diodore de Tarse (4) donna une éloquente réfutation de son ouvrage.

Agapius, vers la fin du me siècle, laissa trois

(1) Petrus Sicul., Hœres. Manich. — Joan. Damas., de Hseres., cap. lxvii.

(2) Eutych. Alexandrin., Annal., t. i, p. 515.

(3) Philost.., Hist., lib. m, cap. 15.

(4) Père grec mort en 394.

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