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PREMIERE PARTIE. CHAPITRE III

qui avaient conservé leur pureté, servirent à former le soleil et la lune; aussi les Manichéens avaient pour ces deux astres un culte particulier. Les parties devenues mauvaises formèrent le monde inférieur. C'est en établissant Tordre dans le monde que l'Esprit vivant vainquit les démons, qui, après leur défaite, furent relégués dans les régions du Midi, d'où viennent les pluies, les vents et les maladies.

Formation d'Adam et d Eve. — Pour faire connaître la formation d'Adam et d'Eve, d'après Manès. je me contenterai de citer Archélaùs. « La terre étant formée, la matière produisit elle-même des planètes. Mais quelques-uns des princes se mirent à la piller. Alors la matière les convoqua tous, prit de chacun une vertu, forma l'homme, qu'elle fit à l'image du premier homme, et y joignit une àme. >^ Saint Epiphane ajoute : « Les princes, à leur tour, créèrent Eve, et lui donnèrent de leur concupiscence , afin qu'elle séduisît Adam. »

De V Homme. — Voilà donc l'homme formé. Pour expliquer sa nature, Manès, toujours fidèle à l'idée des deux principes, supposa qu'il y avait deux âmes dans l'homme. « Deux natures éternelles, vivantes et animées, disait-il, sont entrées l'use et l'autre dans la composition de l'homme. »

La substance céleste lui donna l'âme raisonnable; la substance matérielle, lame charnelle (1).

11 essaya d'appuyer sa théorie sur saint Paul lui-même, qui met en opposition la Chair et Y Esprit, le vieil homme et Y homme nouveau, la loi de V entendement et la loi des membres.

Dans cet état, l'homme conserva-t-il sa liberté ? Il en jouissait avant de descendre du ciel; présentement, il en a perdu l'usage, parce qu'il ignore sa nature, son origine, ses vrais maux et ses vrais biens; la concupiscence l'entraîne jusqu'à faire ou permettre ce que la raison condamne.

Dans les âmes célestes, il n'y a pas l'amour des sexes ; cet amour vient donc de la matière, il est mauvais ; de même tout ce qui provient de l'union des sexes est sujet aux passions et mauvais. Aussi le mariage est-il absolument condamnable, car il n'a d'autre résultat que de maintenir la servitude des âmes. Au contraire, tout commerce dont le but n'est pas la procréation des enfants n'est pas mauvais, puisqu'il ne fait pas de nouveaux esclaves de la matière.

Singulières aberrations, qui n'ont de comparables que celles qu'ils formulèrent sur la propagation des âmes. Les âmes dispersées dans les corps liquides et solides, disaient-ils, entrent dans les

(1) Aug., De duabus anirnabus contra Manichxos.

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