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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III

entre autres, celui par lequelJésus, menacé detre lapidé par les Juifs, se rendit invisible (1), et la Transfiguration au Thabor.

Les Manichéens ne croyaient donc pas que Jésus se fût incarné ; mais ils disaient qu'il avait paru Tan 15 de Tibère , sur les bords du Jourdain, n'ayant qu'en apparence la forme humaine. La circoncision, le baptême , la tentation ne pouvaient être regardés que comme des fables imaginées par les Juifs. Les souffrances, le crucifiement, la mort n'eurent rien de réel, pas plus que la résurrection et les apparitions qui la suivirent.

La mission de Jésus ne fut pas de payer à Dieu, par sa mort, la dette du péché, mais de donner à lame la connaissance de sa nature et de son origine, connaissance qu elle avait perdue par son mélange avec la chair, et dont l'oubli avait été la cause de tous ses malheurs. C'était la doctrine du philosophe Synésius, qui disait éloquemment : « Lame n'est pas plutôt entrée dans la carrière de cette vie, qu'on lui présente la coupe de l'oubli, qui n'est autre chose que les voluptés dont elle se laisse enchanter. Elle descend dans le monde, où elle est envoyée par les lois du destin pour y servir et y avoir sa récompense. Mais il lui arrive ce qui arrive quelquefois à un homme libre, qui entre au

(4j Joan., vi ii. 59.

service d'un maître pour épouser son esclave et stipule avec lui de le servir toujours. C'est ainsi que les âmes en usent avec la matière , qui les charme par les présents qu'elle leur fait et les séduit par les plaisirs sensibles qu'elle leur propose » (1).

Le Culte. — Les Manichéens rejetaient les psaumes de David (2), mais ils leur substituaient des hymnes de leur composition.

Nous l'avons déjà fait remarquer : c'est un fait commun à toutes les religions, que leur amour pour les chants sacrés. Les Esséniens avaient leurs hymnes (3), de même les disciples de Valentin, de Basilide et de Bardesane (4). Les Manichéens suivirent cet exemple. Nous savons, en effet, qu'ils possédaient un grand nombre d'hymnes et de canliques ; si bien que saint Ephrem, pour contrebalancer l'influence mauvaise exercée par ces chants, composa en grand nombre des cantiques, que les chrétiens apprirent et chantèrent.

Parmi les chants manichéens , il en était un plus connu : cétait le Cantique amoureux ; il contenait toute la doctrine sur Dieu, sur les deux principes , sur lame et sur son retour dans le ciel.

(1) Synes., De Insom., p. 141. Gifcé par Bpausobre. (c2) Léo, Sermo vili.

(3) Euseb., Hist. EccL, lib. ii, 17.

(4) Fabricius , Apoc. N. 7'.

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