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PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE V

toujours à la veille de s'évanouir , il s'organisa dans les contrées danubiennes , parmi les Slaves où il trouva une pleine sûreté. Encore une fois les Slaves ne repoussèrent pas une religion qui, au fond, était la leur. Dans tous les cas, la guerre ne fut pas un obstacle. Anastase, qui ne portait qu'une médiocre attention à leurs incursions dans les vallées du Danube , les laissa longtemps en paix ; et quand Constantinople elle-même fut menacée, il ne trouva, pour défendre sa capitale, d'autre moyen que celui de faire construire à treize lieues de ses remparts un mur de fortification, dont on voit encore des traces, et d'asseoir par là Constantinople sur un isthme, que baignaient au midi la Propontide, au nord la mer Noire, et que le Bosphore séparait de l'Asie. Ce mur ne fut pas du moins un obstacle aux doctrines dualistes. Il est certain que les efforts d' Anastase ne furent pas vains. Sous son règne et même après lui , elles éclatèrent avec une effervescence nouvelle. Les idées de sévérité et de répression firent même place aux idées de tolérance. 11 est vrai qu'en 523, Justin voulut chasser les Manichéens et condamner à mort ceux qui resteraient. 11 est vrai qu'en même temps, Cabades, roi des Perses , prenait contre eux les mêmes mesures (1). Mais ces

(4) Miscel., lib. xv.

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mesures n'eurent point de suite. Le cardinal Mai a publié les Disputes du manichéen Photin avec le chrétien Paul(l). Ces discussions eurent lieu sur Tordre de Justin et de Justinien (527), qui pourtant travaillaient à réagir contre les idées de tolérance de plus en plus répandues !

Ces Disputes, en même temps qu'elles nous font constater l'état des esprits au vie siècle, nous montrent, entre autres choses, qu'au vie siècle la doctrine ne différait point de celle du 111e, et qu'elle était appuyée sur les mêmes livres, avec les mêmes procédés d'interprétation .

L'enseignement manichéen donné aux Slaves, d'abord sur les rivages de la mer Caspienne et de la mer Noire, puis sur les bords du Danube, jeta ainsi des racines profondes au milieu de ce peuple naturellement constant et même tenace . Auj our d'hui encore, en lisant les immortels écrits de Tacite, ceux de Procope et de Jornandès, éclate d'une manière frappante la ressemblance des Barbares du Danube du 11e, du ive et du ve siècle, et de ce peuple nomade, venu, lui aussi, des contrées danubiennes, que nous rencontrons à la porte de nos

(1) Elles formaient un vieux manuscrit du Vatican. La première dispute fut sur la création des âmes ; la deuxième, sur les deux principes du Manichéisme; la troisième, sur les écritures du Nouveau Testament. Bibliotheca nova , il pars.

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