‹ Les AlbigeoisChapitre 84 sur 313 · PREMIERE PARTIE. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. CHAPITRE VI

effort pour détruire une erreur qui tendait à prendre plus d'influence que jamais. Déjà Héraclien, au commencement du vne siècle, avait écrit contre eux un ouvrage en vingt livres, dans lequel il faisait mention de plusieurs écrivains célèbres qui avaient défendu la foi : Bégémonius, Georges de Laodicée, Diodorede Tarse (1).

Un siècle plus tard, saint Jean Damascène écrivit un Dialogue contre les Manichéens. Ce Dialogue formait un traité analogue à celui de la foi orthodoxe, que le saint avait composé pendant son séjour en Syrie. Nous avons déjà dit un mot de Pierre de Sicile. 11 nous reste de lui une Histoire des Manichéens , qu'il avait appris à connaître pendant sa légation auprès d'eux. Elle était dédiée à l'archevêque des Bulgares, quil voulait prémunir contre le danger prochain dont son troupeau était menacé, car les Manichéens de l'Asie-Mineure avaient le projet d'envoyer en Bulgarie des émissaires sûrs et zélés.

Photius, à son tour, composa quatre livres contre les Manichéens. Le premier contenait l'histoire de ces hérétiques (1) ; le second, une réfutation de leurs erreurs sur l'existence des deux principes ; le troisième , la réfutation de cette

(1) Photius, cod. 85.

(2) On accuse Photius d'avoir été dans ce livre le plagiaire de Pierre de Sicile.

erreur en particulier, que l'Ancien Testament et la loi de Moïse sont l'œuvre du mauvais principe ; le dernier était adressé au moine Arsène, et donnait une réponse à chacune des objections accumulées à plaisir par les Pauliciens (1).

Nous avons vu que les Manichéens, pour échapper soit aux mesures des empereurs, soit aux attaques des docteurs de l'Eglise, prirent différents noms : Priscillianistes, Pauliciens, Astates, dont ils se couvrirent comme d'un manteau de protection. A l1 époque où nous sommes arrivés, ils avaient fait de grands progrès dans l'Albanie (2). Là, comme partout ailleurs, ils soutenaient qu'il était défendu de faire un serment ; ils admettaient deux principes éternels et contraires ; ils niaient la divinité de Jésus-Christ et condamnaient le mariage (3). Mais là, comme partout ailleurs, même phénomène : ils prirent un nom nouveau , ils furent connus sous le nom d'Albanais, du pays qu'ils habitaient; nom évidemment tout pacifique,

(1) Hinckelmann, Slarkius etZaccagnius ont commencé à traduire cet ouvrage de Photius. Mais on n'a en son entier que le livre I de la traduction de Montfaucon (grec et latin . — Montfaucon , Biblioth. Coisliniana , Paris , 1715. — L'abrégé de tout l'ouvrage dans la Panoplie d'Euthymius. (Bibl. PP. tom. xix.) L'édition grecque a paru à Tergobyste dans la Valachie , en 1710.

(2) Province de l'Asie.

(8) Strockmann , Lexicon.

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