‹ Les AlbigeoisChapitre 97 sur 313 · PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE Vn

merveilleuse dans la France du Midi et l'Italie du Nord, assez forte pour alarmer la Papauté, donnant la main à des sectes orientales plus anciennes, mais sans qu'on puisse saisir un rapport de filiation directe. » Mais il se trompe quand il ajoute : « tandis que, tout à côté, on assiste à des essais de réforme religieuse, partant de principes très-différents, dont pourtant les partisans sont à tout instant mêlés au Catharisnïe » (1). L'auteur commet ici une erreur de chronologie. Nous avons vu en quelle année le dualisme apparut en France. Or, à quelle époque éclatèrent ces mouvements de prétendue réforme dont il parle ? Tanquelin agita les Pays-Bas pendant une période d'environ dix ans, delll5àll24; Eudo de Stella qui tenta, un moment, d ébranler la Bretagne, mourut en 1147. Pierre de Bruys, à la vérité, vécut plus tôt ; de 1104 à 1124, il prêcha ses erreurs; son disciple Henri n'était plus en 1148. Les Vaudois, ou PoMvres de Lyon, essayèrent de faire monter ces semences de troubles et d'agitations. Mais l'Albigéisme était déjà vieux de cent ans , quand ces diverses erreurs apparurent; elles n'expliquent donc point ses origines ; seulement, plus tard, elles lui apportèrent un appoint nouveau.

Comment donc expliquer l'origine des Albigeois?

(1) Revue des Deux-Mondes , 1er mai 1874.

Nous avons déjà dit toute notre pensée : le dualisme français a été comme le dernier ébranlement produit par le mouvement dualiste gréco-slave , qui, parti des régions de la Grèce et du Danube , s'étendit jusqu'aux rives du Rhône et de la Garonne. Il nous reste à donner nos raisons (1).

C'est d'abord le nom lui-même de Cathares, car nul n'ignore que le vrai nom des hérétiques dualistes du xie, du xiie et du xiii6 siècle, est celui de Cathares ; en France, ils ne furent appelés Albigeois que parce qu'ils s'établirent rapidement dans les contrées voisines de la ville d'Albi. Or , ce nom de Cathares (xaTapoç, pur, saint) n'atteste-t-il pas une origine grecque?

Il y a plus; les versions de la Bible dont se servaient les Cathares de France et d'Italie, n'avaient point été faites sur la Vulgate, mais sur un texte original grec, le même qui avait servi à la version slave faite par Methodius et Cyrille. La secte avait des livres apocryphes qui étaient également d'origine grecque (2).

L'influence grecque est donc ici sensible.

Au reste, Everninus nous a conservé le témoignage précieux d'un hérétique qui, brûlé à Cologne, en 1146, confessa que cette hérésie était

(1) Voir Pièces justificatives , N° 2, les diverses opinions qui ont été émises sur l'origine des Albigeois.

(2) Cf. M. Schmidt, op. cit.

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